Andreas Lubitz, FOU TOUT COURT OU FOU D’ALLAH?

5 jours après l’attentat suicide contre l’Airbus A320, de nombreuses questions se posent et c’est normal.
Au risque d’être accusé d’être partisan de la théorie du complot, j’ai tout de même l’impression qu’on essaie de gagner du temps.
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Élections départementales, Dans une république bananière, il n’y a pas de vote républicain qui tienne.

Parfois il arrive qu’on aime à dire “j’avais raison”.
Ben là, un fidèle lecteur de ce blog et moi-même avions raison. Nous avions raison de dire que les sondages (encore eux) étaient là pour manipuler et fausser les résultats du scrutin. Il y a plusieurs enseignements à tirer:
tout d’abord, si le PS et la gauche limitent la casse, c’est tout sauf un résultat honorable. Le premier ministre a en effet mis les moyens de la collectivité au service de sa campagne. Ces comportements sont dignes d’une république bananière.
Ensuite, bien que présent dans tous les rouages de l’État, le parti communiste français n’existe plus électoralement. C’est à peine s’il dépasse les 5% avec un Front de gauche qui ne représente que lui-même.
L’UMP quant à elle n’a pas de quoi pavoiser. Avec moins d’un électeur sur 3, on est très loin du triomphe qu’on pourrait attendre d’un parti d’opposition face à un pouvoir en déconfiture sur tous les dossiers qu’il a à traiter.
Enfin, le Front national fait les scores qu’on attendait et pas ceux que prédisaient les sondages pour faire peur. Il n’en reste pas moins que ce sont d’excellents résultats, des résultats historiques, malgré les commentaires entendus çà et là.
Il ne faut pas oublier en effet que le FN est seul et que ses résultats comptent seuls. Pour gonfler les résultats du PS ou de l’UMP on ajoute selon les cas les divers gauche ou les résultats des partis du centre. Les commentateurs sont gonflés de parler de déception d’un parti qui pulvérise ses résultats par rapport à une élection comparable. C’est comme ça, il va falloir se faire une raison, un électeur sur quatre vote FN. Un autre signe encourageant pour le FN est le plébiscite des villes administrées par ce dernier. À l’heure où j’écris, on parle de 60% à Hénin-Beaumont, par exemple. Par conséquent, là où il exerce le pouvoir, le FN donne satisfaction.
Cependant le FN aurait pu améliorer son score s’il avait eu une stratégie plus lisible. Timoré voire ambigu sur les questions de société, et surprenant sur certaines questions comme ses commentaires des résultats des élections grecques, le FN donne du fil à retordre à l’électeur qui a de la peine à s’y retrouver. Voilà pourquoi il n’obtient pas les résultats espérés.
Reste une déception. Le PS, au regard de son bilan calamiteux, est encore trop haut. Alors au second tour il n’y a pas de vote républicain qui tienne. On l’a dit cette république elle est bananière. Dimanche prochain il faut faire perdre la gauche coûte que coûte. Un seul mot d’ordre,
Hollande dégage.
Jacques Frantz

Ce que nous disent les sondages!

Ce que nous disent les sondages.
Franchement il y en a marre des sondages. C’est le meilleur outil de manipulation de la démocratie et c’est devenu, malheureusement l’antichambre de la dictature.
Les enquêtes d’opinions sont suspectes à plus d’un titre:
Je ne vois pas l’intérêt de savoir à l’avance qui va gagner ou perdre une élection. Après tout, pourquoi ne pas attendre patiemment le résultat? Si certains sont si impatients de connaître le résultat, c’est que peut-être ils aimeraient influer sur ce dernier. Ainsi, on a fait plusieurs tentatives:
Le seul enjeu d’une élection en France aujourd’hui, et c’est fort regrettable, c’est le score du Front National. Cela prouve s’il en était besoin que l’UMP et le PS ont bien l’intention de faire la même politique. Vous me direz ce n’est pas nouveau. Donc, dans un pays où l’alternance est vécue comme un danger, on nous abreuve de sondages nous annonçant qui est le favori de quoi, ce dont, franchement on se fiche un peu. En revanche, les sondages sont bien un instrument de propagande. Sinon les journalistes n’en commanderaient pas.
Ainsi, le FN, seule peur des tenants du système en place, a toujours fait l’objet de sondages faux. L’erreur la plus grossière fut sans nul doute celle de la présidentielle de 2002. Aucun institut grassement payé par nos impôts n’avait prévu la qualification de Jean-Marie le Pen au deuxième tour. Pourtant je sais de source sûre que les renseignements généraux avaient avisé du “danger”. Alors on a vu les SOFRES IPSOS et autres venir nous expliquer la gueule enfarinée qu’ils ne s’étaient pas trompés non pas du tout mais alors pas du tout!
La réalité, c’est qu’en diminuant d’au moins 4 points le score probable du candidat du FN, ils avaient voulu créer un effet de propagande en décourageant une partie de l’électorat. Effectivement le pari n’était pas stupide. Des électeurs lassés de finir troisièmes auraient pu être tentés de rester chez eux et de bouder les urnes.
La technique a changé. On tente aujourd’hui de faire peur. En plus, ça permet à Valls de faire campagne sur un non sujet. Ben oui, c’est plus facile de parler du FN que de parler des problèmes qu’on est incapable de résoudre. Le pis est que cette technique pourrait bien marcher. Le vivier des abstentionnistes est tel que quelques centaines de milliers de gogos que Valls aurait pu apeurer avec le spectre du retour de la bête immonde pourraient faire en sorte que le FN ne vire pas en tête du scrutin du 22 mars. En fait, je crois pouvoir le dire, il ne virera pas en tête. Alors après nous avoir annoncé à grand renfort de propagande qu’il virerait en têt, vous allez voir sur vos télévisions dimanche soir les cadors du PS vous dire que certes ils ont perdu
, mais que fort heureusement pour la démocratie et les valeurs républicaines, l’ampleur du score de l’extrême droite n’est pas aussi importante qu’on pouvait le craindre. Ouf! On est sauvés.
Par conséquent, les sondages ne servent à rien si ce n’est à influencer le résultat. Je pense que dans ce contexte il faudrait les interdire.
En tous cas, pour dimanche, le signal fort à envoyer à ce gouvernement qui nous fait tant de mal est clair. Voter contre le système. Voter UMP c’est voter pour le système en place. Or un seul mot d’ordre tient:
Hollande dégage.
Jacques Frantz

La diplomatie française ne se lasse pas d’être ridicule

En 1972, à la question de Jacques chancel qui voulait savoir s’il n’était pas ridicule, Salvador Dali répondit: “Je fais tout ce que je peux pour l’êt

<!–more–> re”. On a l’impression que c’est la même chose pour la diplomatie française.
Décidément, rien, absolument rien n’est récupérable chez François Hollande et son bilan est cent pour cent négatif.
Ainsi au moment où même l’administration américaine commence à se rendre à l’évidence sur le fait que rien ne pourra se régler en Syrie sans le concours du Président Bachar el Assad, le ministre des affaires étrangères de pépère, lui-même étranger aux affaires, persiste et signe. Bachar doit s’en aller.
Convenez avec moi qu’ils font peur Moumou et Fabius.
Bref, si on tente d’y voir un peu plus clair, on s’aperçoit bien vite que ce n’est pas si clair que ça. D’abord, il y a eu la visite des quatre députés français à Damas qui ont rencontré celui qui reste, n’en déplaise à Moumou et à Fabius, le seul chef légitime de l’État syrien. On ne m’enlèvera pas de l’idée que les députés n’ont pas fait un tel voyage sans la bénédiction en sous-main du ministère des affaires étrangères. La France joue en réalité un double-jeu. En campant sur ses positions elle feint la divergence avec les États-Unis. C’est fort pratique à un moment où tant de voix s’élèvent pour fustiger une politique étrangère française calquée sur les ordres de l’OTAN. En outre, cela lui permet de ne pas donner raison à la Russie. Parce que le vrai vainqueur il est là. C’est bien la diplomatie russe qui tire son épingle du jeu. En concourant au maintien du Président syrien elle en fait un interlocuteur incontournable pour régler la situation non seulement en Syrie, mais encore dans toute la région.
Pour l’Administration américaine, dont le président ne craint pas une non réélection, c’est l’occasion ou jamais de prendre certaines distances avec Israël. Tout le monde sait que Obama et Netanyahu ne s’apprécient guère.
Le fait que la France campe sur ses positions pourrait faire partie de la stratégie américaine. Comme chacun sait, Fabius, Valls et Moumou sont les marionnettes d’Obama. ainsi ce dernier met plusieurs fers au feu, ou si on préfère, il ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. Ainsi, pour gagner du temps, (de l’or en diplomatie), il feint le désaccord avec certains de ses alliés européens pour ne pas accorder trop de choses à Bachar.
En tous cas, comme on l’a dit, le grand vainqueur de ce petit jeu qui a fait tout de même des dizaines de milliers de morts, c’est la Russie de Poutine et son ministre des affaires étrangères Lavrov. En exigeant de manière intransigeante le maintien de Bachar à la tête de la Syrie, il oblige à terme les occidentaux à accepter bachar à la table des négociations comme un partenaire incontournable. En outre, la Russie consolide sa position diplomatique et militaire dans la région et au-delà. Espérons que cela marquera le début de la fin du chaos.

Jacques Frantz

DISCOURS À L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA RUE DENOIX DE SAINT MARC À BÉZIERS.

Le discours est repris intégralement tel qu’il a été publié sur le site de la ville de Béziers. Il est reproduit ici in extenso.
14/03/2015 – 14:30
Inauguration de la rue Commandant Denoix de Saint Marc
L’inauguration de la rue Commandant Denoix de Saint Marc en remplacement de la rue du 19 mars 1962 a eu lieu le samedi 14 mars 2015 à 14h30.

Discours de Robert Ménard, Maire de Béziers, prononcé lors de l’inauguration de la rue Commandant Denoix de Saint Marc :

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« Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les présidents, Mesdames, Messieurs,
Et surtout, chers, très chers amis,
D’abord, merci ! Merci d’être là. Merci d’être venus au rendez-vous de la justice et de la fidélité. Honneur à vous qui, parfois, avez parcouru 500 kilomètres, 1000 kilomètres pour être ici. Votre présence, votre nombre, prouvent combien cette cérémonie répond à un impérieux besoin de réparation et de reconnaissance. Et puis, pourquoi ne pas le dire, votre présence me touche infiniment. Oui, merci d’être là. Pour nous, pour tous ceux qui nous ont quittés et, aussi, pour ceux qui viennent.
Il y a des moments, il y a des gestes, il y a des paroles qui vous engagent totalement. Qui disent d’où vous venez. Qui disent ce qui est essentiel à vos yeux. Qui disent ce que vous êtes. Qui vous donnent l’occasion – rare, précieuse – de vous replacer dans une lignée, de rendre hommage aux vôtres, de saluer un père, une mère, une famille, de saluer votre famille.
Il y a des moments où il faut se rassembler, se retrouver, se souvenir, se tenir chaud les uns les autres. Il y a des moments où il faut dire non aux mensonges, à l’histoire trafiquée, réécrite, bafouée. Il y a des moments où trop c’est trop, où nos plus âgés meurent sans que jamais l’on ait reconnu leur travail, leur mérite, en un mot, leur vie .
 Oser dire, oser laisser penser que la guerre, oui la guerre d’Algérie s’est terminée le 19 mars, le jour de la signature des accords d’Evian, n’est pas seulement un mensonge, c’est une ignominie, une insulte à la mémoire de tous ceux – pieds-noirs, harkis, jeunes du contingent – qui ont été torturés, qui ont été émasculés, qui ont été tués, qui ont disparu après cette date, après cette capitulation, après cet abandon, après ce renoncement à ce que fut la France, à ce que fut la grandeur de ce pays, de notre pays.

À cela, nous ne pouvons nous résigner. À cela je ne peux me résigner. Parce que je pense à ma famille, à nos familles. Parce que je pense à mon père, à nos pères. Parce que je pense à ces cimetières abandonnés, saccagés, rayés de la carte, comme gommés de l’histoire officielle, expurgés des manuels scolaires qu’on impose à nos enfants, à nos petits- enfants.
Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Pour rappeler à ceux qui nous ont trahis qu’ils ne pourront pas, éternellement, mentir, tromper, falsifier. L’Algérie de notre enfance, l’Algérie de nos aïeux, notre Algérie, ce n’est pas ce que certains veulent nous faire croire, ce n’est pas ce qu’un Benjamin Stora ne cesse d’écrire, ce n’est pas aux renégats, aux porteurs de valises d’en imposer l’image. De cela, nous ne voulons pas, nous ne voudrons jamais.

Je le dis à l’adresse de ceux qui s’agitent là-bas, plein d’une haine titubante, enveloppés dans de vieux mensonges qui s’effilochent : le communisme est mort et ses derniers militants sont des spectres errant dans le dédale de leur rancœur et de leur ignorance. Ils ont voulu hier l’Algérie algérienne, ils ne veulent pas aujourd’hui de la France française. La traîtrise est leur patrie. Nos victoires leur châtiment.
« À lire une certaine presse, écrivait Albert Camus en 1955, il semblerait vraiment que l’Algérie soit peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac… »
60 ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Alors, si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour dire
« assez ! ». Assez de ces contre-vérités sur les pieds- noirs qui n’étaient pas tous des colons roulant en décapotables américaines. Assez des mensonges sur le bilan de la colonisation. Assez de cette perpétuelle repentance !

Oui, nous pataugeons dans une perpétuelle contrition. Honteux de ce que nous avons été. Honteux même, parfois, de ce que nous sommes. Quand la France intervient en 1830 en Algérie, elle mène une guerre de conquête longue et impitoyable, c’est vrai ! Mais, faut-il le rappeler, il s’agissait de mettre hors d’état de nuire les pirates qui sévissaient depuis la côte algéroise. Ces forbans n’étaient pas des pirates d’opérette : ils enlevaient, suppliciaient, réduisaient les chrétiens en esclavage. Le rappeler, est-ce se transformer en avocat inconditionnel de l’épopée coloniale ? Bien sûr que non !

Faut-il le redire aux révisionnistes de tout poil, la présence française en Algérie, ce sont des ports, des aéroports, des routes, des écoles, des hôpitaux. Ce sont des marais asséchés, des maladies éradiquées. Mais aussi du soleil sur la peau, des éclats de rire sur les plages, des filles à la peau suave, un ciel comme il n’en existe nulle part ailleurs. L’Algérie, disait ma mère, c’est notre paradis à nous, ce paradis qu’on nous a enlevé, ce paradis qui hante, toujours, plus de cinquante ans plus tard, nos cœurs et nos mémoires. Après nous avoir pris notre pays, certains voudraient maintenant nous priver de nos souvenirs. Et nous faire croire que les combats ont cessé le jour où des traîtres signaient un cessez-le-feu qui n’était rien d’autre qu’un lâche abandon, un vil renoncement. Demandez aux Algérois de la rue d’Isly ! Demandez aux Oranais du 5 juillet ! Demandez aux milliers, aux dizaines de milliers de harkis ! Demandez à nos martyrs ! Demandez-leur ce que furent les jours, les semaines, les mois qui ont suivi cette véritable capitulation ! On voudrait les faire disparaître une seconde fois ! On voudrait les oublier, les nier.

Les oublier ? C’est hors de question. Comment oublier ces Européens enlevés par le FLN afin de récupérer le sang dont il avait besoin pour soigner ses
combattants ? Vidés, oui vidés de leur sang, au sens clinique du terme… Et dire que certains continuent de se vanter d’avoir été les « porteurs de valises » de ces terroristes qu’on applaudit dans la bonne presse. C’est raté. Nous sommes ici des milliers pour porter témoignage. Nous sommes ici pour dire haut et fort notre vérité, la vérité. Pour la jeter à la figure de tous ceux qui nous font la morale, qui nous parlent du sens de l’histoire, des accommodements auxquels nous devrions nous résigner. Nous sommes ici pour dire tout cela à ceux qui armaient le bras des assassins, des bourreaux des Français d’Algérie.

Des assassins, des bourreaux qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France, de ses valeurs, de son histoire, de ses combats, de sa civilisation. Une haine qui pousse certains à abattre des journalistes parce qu’ils sont journalistes, à abattre des policiers parce qu’ils sont policiers, à abattre des Juifs parce qu’ils sont juifs. Cette haine de la France est comme une insulte, comme une gifle pour d’autres musulmans, pour nos amis musulmans, pour nos frères harkis, eux qui ont choisi la France, qui sont morts pour la France. Eux qui ont été massacrés, certains écorchés vifs, ébouillantés. Eux qui ont été abandonnés sur ordre de l’État français, livrés à la vindicte du FLN.

Mais que s’est-il donc passé ? Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, dans notre pays, on occulte à ce point la réalité de notre histoire ? Tout simplement que, alors qu’on obligeait un million de Français à quitter leur Algérie natale, on ouvrait la France – quasi simultanément – à des millions d’immigrés bien décidés pour certains à ne jamais se sentir, à ne jamais devenir des Français à part entière.

Colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement. Un chassé-croisé dont l’histoire a le tragique secret et dont je redoute que nous ne cessions de mesurer les funestes, les dramatiques conséquences. Je voudrais me tromper. Je crains d’avoir raison.

Face aux drames d’hier, il est des hommes qui ont su dire non. Des hommes qui n’ont pas hésité à tout risquer, à tout perdre pour des valeurs qui étaient, qui faisaient toute leur vie, au point d’être prêts à mourir pour elles. Hélie de Saint Marc était de ceux- là. On les appelle des héros. Un mot qui sonne comme un anachronisme à une époque, la nôtre, où l’on nous serine qu’on ne va quand même pas mourir pour des idées, où la vie, son confort, ses petites habitudes justifient tous les compromis, toutes les compromissions. Je ne vais pas avoir l’outrecuidance de rappeler les états de service, les engagements, le prix payé par Hélie de Saint Marc devant les membres de sa famille qui nous font l’immense honneur d’être aujourd’hui parmi nous.

« Se tenir à la pointe de soi-même. » Voilà une phrase du commandant de Saint Marc qui dit, avec la plus grande justesse, l’exigence de sa vie, de toute sa vie. De l’Occupation à la perte de l’Algérie, rien n’a pu anéantir ce cœur vif, ce cœur exemplaire. Né mille ans plus tôt, son histoire serait celle d’une chanson de geste. Hélie de Saint Marc est un preux, un orphelin d’un ordre spirituel et guerrier, tenant sa vie comme une lance.

Henry de Montherlant écrivait : « Il y a le réel et il y a l’irréel. Au-delà du réel et au-delà de l’irréel, il y a le profond ». La vie et les livres d’Hélie de Saint Marc sont un périple vers les profondeurs de l’être, dans le fond sans fond de son âme. Comme Ulysse, jamais les épreuves ne le détournèrent de sa destination, j’allais dire de sa destinée. Voyages des camps et des prisons, voyages des batailles et des carnages. Voyage vers ce qu’il appelait « le tremblement sacré des choses invisibles ».

Je citerai encore le commandant de Saint Marc, et il faut le citer souvent, car il ne fut pas seulement un chef mais aussi un remarquable éducateur. Non pas un donneur de leçons, ni un « coach de vie » comme l’on dit aujourd’hui, mais un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup vu, immensément ressenti.
Le commandant écrivait, et son petit-fils nous l’a rappelé à l’instant : « La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. » Et il ajoutait : « Vivre, ce n’est pas exister à n’importe quel prix. »

Dire comme lui que la vie est un combat n’est pas faire l’apologie de la guerre, n’est pas faire de la guerre sa profession de foi. C’est un simple constat : si une vie, c’est aimer, partager, éduquer, c’est aussi une somme d’épreuves, de contrariétés, d’oppositions, d’expériences et d’engendrements. C’est cette somme qui fait une vie. Et celui qui refuse ce combat ne vit pas. Dire que vie et combat sont de la même substance est une adresse d’espoir. Voilà ce que nous dit le rescapé de Buchenwald. Il faut espérer et faire de son espoir un bélier qui fracasse toutes les murailles. Il faut même espérer au-delà de toute raison. C’est Héraclite qui disait : « Qui n’espère pas l’inespérable ne le découvrira pas. »
Ici, je le sais, nous espérons, nous n’avons jamais cessé d’espérer. Nos espoirs sont nos fidélités. Et nos fidélités comme nos espoirs trouvent en ce jour leur récompense, comme elles trouveront demain, en d’autres lieux et sur d’autres plans, des satisfactions encore plus décisives pour notre nation et notre peuple.

Le commandant de Saint Marc est l’homme d’une génération. Une génération qui, de septembre 1939 à juillet 62, ne connut jamais le répit et la paix. Une génération qui, entre la débâcle et l’abandon, connut cent victoires. Une génération qui nous a laissés seuls avec les souvenirs de sa gloire. C’est elle, aussi, qu’en ce jour nous célébrons. Gloire à eux ! Gloire aux compagnons du Commandant de Saint Marc, gloire à ceux d’Indochine, à ceux d’Algérie, gloire à ceux des prisons qui étaient alors les garnisons de l’honneur. Oui, comme vous, comme beaucoup d’entre vous, j’ai lu les livres de celui dont cette rue portera dorénavant le nom. Et je n’ai pas honte de vous le dire : j’en ai eu les larmes aux yeux, regrettant presque d’avoir été trop jeune pour être confronté à des choix qui forcent le destin et font de vous un homme.

Et puis, je me suis dit que j’avais tort. Que chacun, à son époque, est face à des engagements qui, sans avoir le caractère dramatique de ces années algériennes, n’en sont pas moins cruciaux, vitaux. Aujourd’hui, notre pays est face à une crise qui engage son avenir, sa vie, sa survie. Et face à ces dangers, Hélie de Saint Marc, son courage, son panache, sont d’une actualité brûlante, d’une force existentielle.

Allons-nous abandonner la France, laisser faire, nous réfugier dans des slogans aussi creux, aussi vides qu’une rengaine publicitaire, qu’un discours de politicien censés nous faire oublier les responsabilités des uns et des autres ?

Il y a 50 ans, je m’en souviens, vous vous en souvenez, nous tapions sur des casseroles en scandant « Al-gé- rie fran-çaise ». Il faudrait aujourd’hui, avec la même ardeur, avec la même détermination, dire non à cette France métissée qu’on nous promet, qu’on nous annonce, qu’on nous vante. Dire non à cette France multiculturelle qu’on nous impose. Mais dire oui à une France fière d’elle-même, de son histoire, de ses racines judéo-chrétiennes. Cette France que pieds- noirs et harkis ont admirablement incarnée, cette France pour laquelle un Hélie de Saint Marc s’est battu pendant la résistance, en Indochine et en Algérie. Cette France que nous voulons transmettre, intacte, à nos enfants. Alors, pour Hélie de Saint Marc, pour tous ceux qui sont morts en Algérie, persuadés que nous étions en France, que nous nous battions pour la France, pour tous ceux qui l’ont quittée, définitivement orphelins d’une partie d’eux-mêmes, je voudrais avant que nous entonnions « Le chant des Africains », je voudrais, en votre nom à tous, je le sais, dire, redire, répéter ce qui est notre viatique, notre credo, notre passé et, je l’espère, notre avenir : « Vive la France », « Vive la France française ! » « 

Robert Menard, le père courage

Même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui, je pense que Robert Ménard a fait, à Béziers, un geste de courage et d’honneur qu’on n’attendait plus. Jamais j’aurais pensé qu’un homme politique n’aurait le cran de revenir sur l’histoire officielle écrite avec pour encre le sang des nôtres et pour plume le mensonge effronté.
Toutes ces rues du 19 mars 1962 sont une honte pour notre pays. Elles sont une honte parce qu’elles sont l’expression d’un triple mensonge:

Avec le 19 mars 1962 on célèbre
1. une victoire du FLN qui est une contre-vérité militaire, puisque le FLN doit sa victoire non aux armes, mais aux trahisons parisiennes;
2. Un cessez-le-feu qui n’a pas été respecté par le FLN puisque les massacres ont continué et se sont même intensifiés.
3. Des accords d’Evian qui n’en sont pas car le FLN ne les a pas signés.
Dans un souci de partialité crasse, la radio du pouvoir France inter a interrogé un membre de la Fédération des anciens combattants d’Algérie (FNACA) qui n’est rien d’autre qu’une courroie de transmission du Parti communiste Français ou de ce qu’il en reste. Ce membre de la FNACA nous expliquait que Robert Ménard réécrivait l’histoire.
D’abord Robert Ménard n’écrit rien du tout! Il remet à l’honneur un grand résistant au passé irréprochable. Ensuite, ceint de l’écharpe tricolore d’élu démocratique qu’il est, il lave l’humiliation subie depuis des dizaines d’années par des gens qu’on a déraciné et qui ont tout perdu. Robert Ménard a eu le courage de fissurer la chape de plomb qui pèse sur la tête de gens qu’on n’a jamais écouté et qu’on a traîné dans la boue.
Alors si vous voulez écrire l’histoire écrivons-la. On commencera par faire le bilan de la décolonisation et en particulier de la décolonisation forcée de l’Algérie. Pour ce faire, on notera que cette décolonisation a commencé par une purification ethnique. En effet, en admettant l’indépendance, on ne voit pas pourquoi les personnes d’origine européenne de confessions juive et chrétienne nées et installées sur le sol algérien n’auraient pas pu y demeurer conformément aux disposition des accords d’Evian.
Enfin, on notera l’incapacité du pouvoir algérien à administrer le pays. La dictature en place est absolument incapable de mettre fin (le veut-elle du reste) à la guerre civile larvée qui dure depuis des décennies. En outre, si le pays était prospère et bien administré on ne verrait pas une telle immigration en provenance de ce qui était jadis un pays de cocagne. Or aujourd’hui tous les Algériens qui le peuvent viennent s’établir chez l’ancien colonisateur pour espérer trouver quelques perspectives. C’est un désaveu cinglant par les faits et les faits sont têtus.
Dans tous les cas grâce à Robert Ménard les humiliés d’hier peuvent relever le front. Le pouvoir de chez nous n’a qu’à bien se tenir. D’ailleurs il a la pétoche. Il sent bien que du point de vue idéologique la roue est en train de tourner. Il n’en reste pas moins que Robert Ménard a fait preuve d’un grand courage et que ça ne nous étonne pas de lui.
Il y avait le “Père la victoire”, il y a désormais le “Père courage” et c’est vous, Robert Ménard. Félicitations.

Jacques Frantz

La discrimination positive, ça reste de la discrimination

La discrimination positive, cela reste de la discrimination.
Dans un précédent article je m’en prenais à une décision que le Président le plus incompétent de la Ve république serait sur le point de prendre, à savoir la nomination de Mamadoc (Christiane Taubira) à la présidence du conseil constitutionnel.
La chipie, qui ne dit pas que des bêtises, (elle en écrit aussi), me répond dans un tweet qu’il s’agit là d’une mesure positive puisque le Conseil Constitutionnel serait dirigé par une femme.
Franchement il y a quelque chose qui m’échappe. En quoi nommer une femme plutôt qu’un homme serait positif? En l’espèce, au-delà de tout ce qu’on peut penser de Christiane taubira (j’ai pour ma part du mal à cacher que je n’en pense pas beaucoup de bien), elle n’a pas les compétences requises. Si on voulait respecter l’esprit voulu par les pères de la Constitution de la Ve république, il faudrait que le conseil soit constitué de juristes compétents en droit constitutionnel disposant de la distance et du recul nécessaires pour rendre des avis non à l’aune de la politique, mais à celle de la lettre de la Constitution. Autrement dit, le Conseil a pour rôle de valider ou non des textes élaborés par le pouvoir politique au regard de la compatibilité avec notre constitution. Si sont nommées au Conseil des personnalités ne devant leur carrière qu’à leurs appartenances politiques, c’est la fonction et la nature de cette instance qui sont dévoyées. Le Conseil ne rendra plus, contrairement à ce pour quoi il existe, des décisions juridiques de haut niveau, mais des décisions politiques d’un niveau de cul de basse-fosse. Vous me direz, la nomination de Mamadoc ne serait pas la première nomination politique et seulement politique au Conseil Constitutionnel. Qu’importe! Ce n’est pas parce qu’une mauvaise habitude s’est établie qu’il faut cesser de la dénoncer.
En outre, si François Hollande n’est pas réélu en 2017 il pourra siéger de droit au Conseil Constitutionnel en sa qualité d’ancien président de la république. Imaginez-vous avec Pépère et Mamadoc au Palais royal, il y a fort à craindre que le Conseil Constitutionnel devienne exclusivement un instrument de manoeuvres politiciennes au lieu d’une instance de sages qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.
Je suis également interpelé sur la question de la discrimination positive. On notera d’abord que la discrimination positive reste une discrimination. Or qu’on me pardonne ma naïveté, mais je croyais que la gauche luttait contre les discriminations. À moins que la gauche ne lutte que contre les discriminations dont elle n’est pas à l’origine. Cela dit par parenthèse, ça ne m’étonnerait pas. Cela dit la discrimination positive reste un danger. elle demeure un produit toxique qui nous vient du monde anglo-saxon qui, après avoir exterminé tout ce qu’il pouvait d’indigènes vient nous donner des leçons. Rien ne justifie qu’une femme soit préférée à un homme juste parce que c’est une femme. Seule une compétence doit être préférée. La discrimination positive est aussi dangereuse car elle pénalise deux fois ceux qui souffrent de discrimination au quotidien et qui échappent au cadre couvert par cette mesure.
Voici un exemple:
Je connais le cas d’une personne handicapée qui s’est portée candidate à un poste de cadre. dans une organisation internationale. Comme chacun sait, l’emploi des personnes handicapées reste un problème très aigu en 2015. Très souvent les candidatures sont rejetées sans même être examinées. En l’occurrence, une candidature féminine lui a été préférée au seul motif qu’il fallait favoriser une femme. Le candidat handicapé était parvenu malgré toutes les difficultés supplémentaires à se qualifier. Il n’en a pas moins été rejeté au seul motif que ce n’était pas une femme. Pour la petite histoire, la candidate retenue n’a pas donné satisfaction. Vous me direz qu’il suffirait de faire entrer le handicap dans le champ de la discrimination positive. Les pays où cela se fait connaissent un échec cuisant.
Le nombre d’employés handicapés reste très faible et trop nombreux sont ceux qui occupent de véritables postes fictifs.
La discrimination n’a donc rien de positif. Le choix doit donc reposer sur la seule compétence. Et de compétences, taubira n’en a pas.
J’ai bau réfléchir, je ne comprends donc pas la signification de ce tweet. À moins qu’il n’ait été rédigé antérieurement à toute réflexion.
Jacques Frantz