Élections départementales, Dans une république bananière, il n’y a pas de vote républicain qui tienne.

Parfois il arrive qu’on aime à dire “j’avais raison”.
Ben là, un fidèle lecteur de ce blog et moi-même avions raison. Nous avions raison de dire que les sondages (encore eux) étaient là pour manipuler et fausser les résultats du scrutin. Il y a plusieurs enseignements à tirer:
tout d’abord, si le PS et la gauche limitent la casse, c’est tout sauf un résultat honorable. Le premier ministre a en effet mis les moyens de la collectivité au service de sa campagne. Ces comportements sont dignes d’une république bananière.
Ensuite, bien que présent dans tous les rouages de l’État, le parti communiste français n’existe plus électoralement. C’est à peine s’il dépasse les 5% avec un Front de gauche qui ne représente que lui-même.
L’UMP quant à elle n’a pas de quoi pavoiser. Avec moins d’un électeur sur 3, on est très loin du triomphe qu’on pourrait attendre d’un parti d’opposition face à un pouvoir en déconfiture sur tous les dossiers qu’il a à traiter.
Enfin, le Front national fait les scores qu’on attendait et pas ceux que prédisaient les sondages pour faire peur. Il n’en reste pas moins que ce sont d’excellents résultats, des résultats historiques, malgré les commentaires entendus çà et là.
Il ne faut pas oublier en effet que le FN est seul et que ses résultats comptent seuls. Pour gonfler les résultats du PS ou de l’UMP on ajoute selon les cas les divers gauche ou les résultats des partis du centre. Les commentateurs sont gonflés de parler de déception d’un parti qui pulvérise ses résultats par rapport à une élection comparable. C’est comme ça, il va falloir se faire une raison, un électeur sur quatre vote FN. Un autre signe encourageant pour le FN est le plébiscite des villes administrées par ce dernier. À l’heure où j’écris, on parle de 60% à Hénin-Beaumont, par exemple. Par conséquent, là où il exerce le pouvoir, le FN donne satisfaction.
Cependant le FN aurait pu améliorer son score s’il avait eu une stratégie plus lisible. Timoré voire ambigu sur les questions de société, et surprenant sur certaines questions comme ses commentaires des résultats des élections grecques, le FN donne du fil à retordre à l’électeur qui a de la peine à s’y retrouver. Voilà pourquoi il n’obtient pas les résultats espérés.
Reste une déception. Le PS, au regard de son bilan calamiteux, est encore trop haut. Alors au second tour il n’y a pas de vote républicain qui tienne. On l’a dit cette république elle est bananière. Dimanche prochain il faut faire perdre la gauche coûte que coûte. Un seul mot d’ordre,
Hollande dégage.
Jacques Frantz

4 réflexions au sujet de « Élections départementales, Dans une république bananière, il n’y a pas de vote républicain qui tienne. »

  1. Je me pose une question: combien seront-ils ceux qui ont toujours pensé à droite, voté FN et qui sont pris dans une triangulaire et vont devoir choisir entre un candidat FN trop loin pour espérer l’emporter au risque de faire gagner la gauche et un UMP qui a depuis longtemps oublié les valeurs de la droite?

    Aimé par 1 personne

    1. J’avoue que je me suis posé la même question. Je crois qu’il faut voir au cas par cas. C’est sûr que là où est NKM il faut voter FN. NKM ou le PS, j’aurais du mal à discerner la différence. En revanche, d’une manière générale, il faut le moins d’élus PS possible. JF >

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  2. Bonjour, que l’auteur de ce blog me pardonne, mais j’ai décidé de passer ma colère ici.
    D’abord colère contre les médias, mais tous les gens qui me connaissent un peu savent que je suis coutumier du fait. Pourtant, j’avoue que les entendre pérorer que les résultats du Front national sont « en demie teinte », voire décevants, me laisse sans voix. J’avais beau m’y attendre (voir mon commentaire sur l’article précédent), j’avoue que leur mauvaise foi à tous dépasse l’entendement et a de quoi en décourager plus d’un. Ils ont bel et bien décidé de reconstituer le plafond de verre qui avait une fâcheuse tendance à se fissurer. On l’a vu ces dernières semaines, ils ont joué à se faire peur, un peu comme des enfants de trois ans qui, jouant à cache-cache, espèrent qu’on va les retrouver mais redoutent ce moment. Et voilà que ce matin, ils se rassurent: ce n’est pas si grave après tout, on s’attendait à tellement pire! Mais qu’on y réfléchisse à deux fois: ce matin le FN est à près de 26%! Sans alliance, sans implantation locale ou presque, ce parti a réussi le tour de force d’atteindre ce niveau seul contre tous, dans un scrutin local ou la prime aux sortants est souvent déterminante. C’est tout simplement prodigieux! Le FN est en tête dans 43 départements, ce qui est considérable, même s’il est à peu près certain qu’au second tour, la plupart des candidats FN feront les frais du jeu des alliances et du report des voix de gauche sur les candidats pilotés par l’ex-Président, sur lequel la gauche a pourtant si abondamment craché pendant cinq ans…Pour sauver leur gamelle, ces gens ne sont pas à une compromission près…
    On pourra toujours dire (et nos médias de désinformation ne s’en privent pas) que le recrutement des candidats du FN s’est fait à la va vite, qu’il y a eu des dérapages, que les compétences de certains laissent cruellement à désirer, etc, etc… il n’empêche que le travail de terrain qui a été réalisé est énorme, et j’ose dire qu’il force mon admiration.
    Mais j’ose le dire aussi: ma colère est également, quoi que dans une moindre mesure, dirigée contre les stratèges du Front national. J’en veux pour preuve deux exemple: l’attitude pour le moins réservée de Marine Le Pen lors des manifestations contre la dénaturation du mariage, et les louanges adressées sans beaucoup de retenue au parti d’extrême gauche qui a remporté les élections en Grèce, dont on a vu depuis qu’il s’était couché devant Bruxelles, comme les autres… Ces deux attitudes en ont désarçonné plus d’un. A trop vouloir n’être ni de droite ni de gauche, on finit par jouer un double jeu, pour ne pas dire un trouble jeu, et à ressembler à tous les autres partis. Il y a bien longtemps que la France est majoritairement à droite, et pourtant aucun parti ne s’affirme ouvertement comme parti de droite, avec toutes les valeurs qui vont avec, c’est-à-dire l’attachement aux valeurs traditionnelles et à la liberté d’entreprendre.
    Aujourd’hui Sarkozy a beau jeu de dire que le programme du FN est le même que celui de l’extrême gauche. Bien sûr, il force le trait, mais son parti s’est refait la cerise et est redevenu audible avec ces 36 % des voix. Pourquoi n’a-t-on pas vu le FN s’engouffrer dans la brèche idéologique laissée vacante en 2012 par la pseudo-droite? Pourquoi n’ont-ils pas profité des querelles d’ambitions Fillon-Copé pour réaffirmer leurs valeurs fondatrices, puisqu’elles sont majoritaires dans le pays, à quelques nuances près?
    J’ai peur que l’occasion soit désormais derrière nous, et je le regrette bien.

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