Ukraine, À qui profite le crime?

Il devient presque illusoire de dire que les choses s’accélèrent en Ukraine, tant elles prennent un tour vertigineux ces derniers temps.

En moins d’un mois, c’est un équilibre géopolitique totalement remis en cause.
La question qu’il faut se poser comme d’habitude, c’est à qui profite le crime? ou encore, « pourquoi maintenant? Pourquoi si vite? »
Nullement dans le secret, je suis, comme tout le monde, réduit aux analyses et aux hypothèses.
Ce n’est un secret pour personne, les États-unis d’Amérique ne sont jamais très loin du foyer des tensions. Or les États-unis ne font jamais la guerre pour d’autres raisons que pour des raisons économiques. Leur participation aux deux guerres mondiales ou aux deux guerres du Golfe n’ont jamais eu d’autres fins que préserver les intérêts économiques de l’Oncle Sam.
En réalité, Obama, par l’intermédiaire de ses alliés européens, nourrit ici deux ambitions: affaiblir politiquement la Russie en ouvrant le problème de la Crimée, et affaiblir économiquement l’Allemagne en limitant ses moyens de faire du commerce à l’est de ses frontières.
Pour la Crimée, les choses sont simples à comprendre: la diplomatie américaine s’est vautrée en Syrie et doit reprendre la main. Les Russes ont gagné un temps précieux en maintenant Assad aux manettes alors que certains l’avaient déjà enterré et remplacé par un régime islamique aussi extrémiste que triomphant. En ouvrant le front diplomatique en Crimée, la Russie se retrouve en apparence dans une position délicate en prétendant à un territoire appartenant à un autre État souverain. La diplomatie américaine, (c’est ce qui se murmure), pourrait être tentée de sommer la Russie de choisir entre ses positions en Syrie ou celles en Crimée. Attendons de voir.
Comme je l’ai dit, il ne faut pas négliger le volet économique. L’Allemagne affiche une santé économique à faire pâlir d’envie ses voisins européens. Elle le doit à plusieurs facteurs dont ses échanges commerciaux. Or l’Allemagne a un intérêt certain à renforcer ses échanges hors zone euro. Cette dernière étant susceptible de s’élargir à l’est, le partenaire tout trouvé est la Russie. La Russie est un pays intéressant à double titre: il regorge de matières premières à vendre et c’est un formidable vivier de consommateurs dont le pouvoir d’achat, malgré tout ce qui peut être dit augmente. Le problème est que cela représente un danger pour la zone euro. En effet, on le voit de jour en jour, l’Euro est en réalité un super Mark que les Allemands tiennent à bout de bras tant il est tiré vers le bas par des économies européennes exsangues. Le retrait du mur porteur allemand de l’édifice euro aurait pour effet de faire exploser ce dernier.
Pour bien comprendre, imaginons l’Euro comme une cocote minute. Avant l’euro, existait en Europe le Système monétaire européen (SME). Dans cette cocote-minute-là, existait une soupape: les pays pouvaient, au gré de leur santé économique et monétaire, sortir et entrer dans le SME. L’Euro est en quelque sorte un SME verrouillé. Étant une monnaie unique et non commune, les États ne peuvent en sortir. Si tel était le cas, la sortie serait définitive et aurait pour effet un affaiblissement funeste de la devise de Frankfort. Par conséquent, la soupape n’existe plus. L’Allemagne en commerçant hors zone euro se rend indépendante de cette dernière et pourrait demain décider de cesser de tenir à bout de bras des économies pourries.
Avec les événements en Ukraine, et une Russie sous pression diplomatique, l’Allemagne doit loyauté à ses alliés. De toute façon elle n’a pas le choix. Il lui va donc falloir mettre la pédale douce dans ses velléités commerciales avec la Russie.
L’Allemagne ne saurait se dérober à l’application de sanctions économiques au mauvais élève Poutine. Or on oublie trop souvent que outre leur inefficacité, les sanctions économiques sont une punition pour le pays à qui on les applique, mais aussi pour les pays qui les appliquent car il se privent de possibilités commerciales.
La délégation de souveraineté à des instances européennes en matière de politique étrangère aggrave la situation. Ainsi, se priver d’un client et d’un partenaire comme la Russie ne peut être que néfaste aux États européens. Or tout ce qui n’est pas bon pour les États européens est bon pour l’Amérique. Tenir la bride serrée au fougueux cheval allemand pourrait préserver l’Euro à court terme. C’est bien l’intention des États-unis en pleine négociation d’un accord de libre échange avec l’Union européenne.
Notons au passage que le braquage des feux de l’actualité sur l’Ukraine et la Crimée désormais sous souveraineté russe arrange bien les négociateurs de l’accord.
Bref, la Russie va exercer sa souveraineté en Crimée, les diplomates atlantistes vont gesticuler puis s’essouffler. Le grand perdant pourrait bien être l’Allemagne. En effet, si personne ne peut rien contre la Russie qui enchaîne les succès sur la scène internationale, les États-unis ont des moyens de pression sur leurs alliés pour qu’ils appliquent sans faiblesse des sanctions économiques à leurs propres dépens.
Et la France me direz-vous? Eh bien la France, par l’intermédiaire de son pantin au quai d’Orsay gesticule avec le troupeau de moutons promis à la tondeuse de l’Oncle Sam. La France qui pourtant occupe un siège permanent au Conseil de Sécurité pour l’instant trop grand pour elle, se contente de bêler le même air indigné.
Quand va-t-on renvoyer dans ses pénates ce président fantoche aux ordres?
Pour que la France rayonne à nouveau, « Hollande dégage ».