Violence ou non violence.

Depuis novembre dernier, le gouvernement ne parvient pas à écraser la contestation liée au mariage entre personnes du même sexe et aux autres lois bouleversantes fondamentalement notre société.
Malgré la répression policière, les excès du parquet et enfin la torpeur de l’été la contestation ne faiblit pas. Pourtant, cette contestation est loin d’être uniformes.
Certains manifestent bruyamment (à telle enseigne qu’aucun ministre ne peut se déplacer dans le calme), d’autres rivalisent d’ingéniosité et d’humour pour attirer l’attention des médias du monde entier, d’autres enfin veillent des nuits entières avec un message non-violent.
Dans tous les cas, pas de dégradation, pas de déprédations ni d’agression. Pourtant le mouvement est divisé. Il y a ceux qui considèrent que tout cela doit s’arrêter. La loi est votée et il convient de la respecter et de cesser la contestation. Il y a ensuite ceux qui pensent que la contestation doit continuer mais de manière strictement non-violente et hors de toute illégalité. Il y a ceux enfin qui considèrent qu’ils ne lâcheront rien et que ce qui est illégal n’est pas nécessairement illégitime. Je laisse le lecteur deviner pour quel parti je penche.
J’ai même rencontré les partisans d’un débat serein, avec tous les protagonistes autour d’une table pour enfin s’écouter.
Aux premiers, ceux qui veulent s’arrêter, ceux qui pensent que continuer la contestation relève du non respect de la loi et de l’autorité, je dirai que dès lors que la loi est passée en force, sans la concertation nécessaire et au prix de tripatouillages parlementaires, le gouvernement et sa majorité parlementaire ont abusé du pouvoir que leur conféraient les institutions. La loi est donc contestable juridiquement et illégitime. Or, que fait-on face à une loi illégitime ? On s’oppose et on continue de le faire tant que la loi n’est pas abrogée.
Je suis remplie d’estime et d’admiration face à ces jeunes et moins jeunes courageux qui, toute la nuit, une bougie à la main, veillent pacifiquement, qui ne répondent jamais aux provocations et qui gardent le cap. Cette forme de contestation est belle, elle est respectable et elle interpelle le pouvoir qui ne sait comment réagir autrement qu’en réprimant. Les veilleurs nous montrent une forme de don de soi qui force le respect. Attention toutefois à ne pas donner de leçon et à croire ou à se faire croire que ce mode de lutte est le seul légitime.
Ceux qui croient au dialogue, je les respecte bien sûr. Cependant, je dois constater avec . beaucoup de regrets que le temps du dialogue est passé. Les opposants à la loi avait réclamé, pétitions à l’appui, un référendum qui aurait été l’occasion d’un grand débat de société. Implicitement, en demandant un référendum, les opposants s’engageaient à accepter la loi votée. Dès lors qu’on accepte de jouer le jeu, on accepte les règles et le résultat. Malheureusement, le gouvernement n’est pas sans peur et sans reproche. Je dirais même au contraire le gouvernement et plein de peurs et plein de reproches. Ainsi, il a montré toute l’étendue de sa faiblesse en passant en force. Ainsi, il s’est privé du grand débat. Le temps du débat est donc passé. Désormais, on ne débat plus, on combat. En l’état actuel des choses, il serait de toute façon très difficile de débattre :
Le slogan des opposants est « on ne lâche rien ». Du côté des partisans, on a montré avec force arrogance qu’on n’était pas prêt à à lâcher quoi que ce soit non plus. À partir du moment où personne n’est prêt au compromis, le débat est tout simplement impossible. La seule issue possible eût été un référendum où à l’issue du débat, chacun aurait voté dans le secret des urnes et de sa conscience, le seul compromis possible de part et d’autres était le respect du résultat du vote du peuple souverain. Vox populi vox dei! Quelle belle occasion gâchée de sortir par le haut de cette crise.
En conclusion je dirai encore une fois aux veilleurs qu’ils poursuivent leur lutte pacifiquement dans le respect des autres formes de combat.
Aux partisans d’une forme de lutte disons « plus musclé » je dirais qu’il est important de ne jamais perdre de vue le respect des biens et des personnes. En ce sens, l’action du printemps français et des homen est exemplaire.
À ceux qui veulent s’arrêter, je leur dirais simplement arrêter vous, mais laissez poursuivre les autres. Respectez ceux qui s’engagent et ne les découragez pas. Fichez leur la paix.
Jacques Frantz

Où va l’information?

Il était autour de 17 heures lorsqu’un train a déraillé faisant au moins 6 morts.
Dans la soirée quelle ne fut pas ma surprise sur twitter d’entendre parler de pillages des cadavres.
Sur France info que j’écoute par commodité, rien du tout. Il paraît qu’ils en auraient parlé vaguement autour de 20h40, mais moi je n’ai rien entendu.
Dès qu’il s’agit de couvrir la forfaiture de nos élites qu’est l’immigration, c’est l’omertà.

Au moment de l’affaire AZF, seulement 10 jours après les attentas du 11 septembre à New York, on a vu un empressement hystérique à rabâcher qu’il s’agissait d’un accident. Le problème c’est que cette hystérie ne trompe personne. Ou plutôt elle trompe tout le monde. Car si au fond de lui, chaque individu sait qu’on ne lui dit pas la vérité, il n’est pas pour autant informé. Pour twitter c’est la même chose. On reçoit des informations qu’il est à priori séduisant de croire puisqu’elles tranchent avec le discours officiel destiné à nous vendre « une chance pour la France ». Cependant, cela n’est pas de l’info. C’est du gazouillis du café du commerce. Il y a celui qui a vu, celui qui a entendu, celui qui croit savoir etc… Bref, c’est l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Que nous reste-t-il au bout du compte:
la certitude, mais ça on le savait déjà, qu’on nous ment et qu’on dissimule la vérité;
l’impression qu’il se passe des choses dont on est tenu de plus en plus à l’écart. En revanche, de l’information pas vraiment, je dirai même pas du tout.
Même si on est tenté de trouver secourable, voire séduisant, ces échanges sur internet (blogs et réseaux sociaux), ce ne sont pas des infos. Ce ne sont pas les faits. On y voit beaucoup trop d’informations contradictoires. Or on ne peut se forger une opinion qu’à partir d’informations avérées.
Aussi, je trouve que se nourrir de blogs, de tweets et de dépêches est à terme dangereux.
Il y a peu, je tentais de persuader une de mes abonnées sur twitter de souscrire un abonnement à Présent. Elle m’a d’abord opposé l’argument financier. Grand seigneur et bon prince, j’ai proposé de lui offrir un abonnement de six mois. Elle m’a répondu qu’elle n’aurait pas le temps de le lire et que les informations sur internet lui suffisaient.

Lorsque je suis confronté à cet argument, je ressens le même désarroi que quand quelqu’un me dit « à quoi bon manger un bon steak et une bonne salade puisque je peux aller chez McDonald’s.
comme j’ai dit à mon abonnée twitter, je respecte sa façon de voir les choses, mais elle me navre profondément. soyons-en sûr, même si les réseaux sociaux permettent, de manière de plus en plus encadrée, de libérer la parole, ils ne permettent pas de recevoir l’information si précieuse pour se forger une opinion.
Pas d’excuses pourtant car il existe une vraie presse de réinformation qui a besoin de nous autant que nous avons besoin d’elle.
Il m’arrive parfois de twitter l’article du jour gratuit de Présent http://www.present.fr avec l’immuable slogan: « ceux qui se privent de Présent se privent ». J’aimerais tant que quelques unes de ces graines semées au vent puissent germer dans une terre fertile où nous pourrions récolter le réveil dont nous avons tant besoin.
Donc cette presse existe. Elle s’appelle Présent, mais aussi Minute ou Faits et documents. Des journalistes brillants, au sacrifice de carrières beaucoup plus lucratives, luttent pour garder cette presse vivante. Nous ne pouvons pas les laisser tomber.

Jacques Frantz

Un engagement pour la vie aux élections européennes.

Christine Boutin a annoncé ce jour qu’elle démissionnait de la présidence du parti chrétien démocrate qu’elle avait fondé pour lancer, avec notamment Béatrice Bourges et Jean-Claude Martinez, un mouvement pro vie à l’occasion des élections européennes. faut-il se réjouir?

J’ai envie de dire que c’est à la fois une bonne et une moins bonne nouvelle.
Ce qui est positif avant tout c’est que les lignes bougent à droite. On va peut-être enfin assister à une refondation tellement attendue par les électeurs de droite. Même si pour la galerie, Christine Boutin affirme que des gens de gauche sont les bienvenus, personne n’y croit vraiment. Je crois que c’est bien là une nouvelle manière de faire de la politique à droite.
À l’heure où j’écris quel est l’état des lieux de la droite en France.
Nous avons une UMP, partie intégrante du système aux visions ultra-libérales et cosmopolites qui crée une fausse alternance avec le PS. On s’en rend mieux compte au niveau du parlement européen où les deux partis votent à peu près la totalité des textes de concert.
Ensuite, nous avons le Front national en pleine mutation. L’erreur de Marine Le PEn est de faire semblant de croire à une dédiabolisation possible. Cette dédiabolisation est absolument exclue. Marine en fait tellement pour la dédiabolisation qu’elle finit par perdre une grande partie de sa crédibilité à droite. La pire des erreurs est d’avoir choisi de ne pas être visible au sein de la résistance aux projets de mariage entre personnes du même sexe, à la GPA, à la PMA et à toutes les lois bioéthiques votées ou en passe de l’être. La frange catholique du parti est heurtée et les interventions courageuses de Marion Maréchal Le Pen ou de Bruno Gollnisch ne suffiront pas à redresser la barre. Conséquence, un vide est laissé à droite. C’est ce vide que cherche à combler Christine Boutin et ses amis. On peut en tirer plusieurs enseignements:
1. Le cordon sanitaire anti FN fonctionne de moins en moins. La diabolisation de Jean-Claude Martinez, ancien vice-président du FN et figure brillante de ce parti dans les années 80 ne fonctionne plus. C’est un homme brillant très apprécié y compris de ses adversaires au parlement européen. C’est un grand juriste, un peu provocateur, mais aux connaissances et aux moyens d’expression très solides.
2. Ceux qui se sentaient orphelins après la cuisante défaite de Gollnisch à la présidence du FN pourraient retrouver, y compris sans l’intéressé, une forme de revanche.
3. Ce que ‘électorat de droite attend depuis des années est peut-être en train d’arriver, à savoir des lignes qui bougent à droite. On ne peut plus se contenter d’un pays dirigé à gauche, avec une gauche qui a tous les leviers sans contre-pouvoirs alors qu’elle est minoritaire dans l’opinion. Sa seule force aujourd’hui est les alliances qu’elle peut se permettre sans tabous y compris avec les éléments les plus violents de l’extrême-gauche, alors que la droite du système respecte scrupuleusement le cordon sanitaire qui lui est imposé depuis plus de 30 ans.
Du coup, la diabolisation de ce nouveau courant risque d’être plus difficile. En effet, le nouveau courant, en aspirant des personnalités venues de toute la droite sera beaucoup plus difficile à diaboliser. En effet, il sera difficile à la gauche et à ses relais médiatiques de faire croire à la bête immonde dans un parti dirigé par mamie Boutin. Du coup, une partie de l’UMP pourrait avoir moins de scrupules à faire des alliances avec un mouvement qui n’a pas eu le temps de ne pas être présentable.
Reste la question européenne.
Boutin affirme qu’elle est pro-européenne, ce qui, par parenthèse, ne veut rien dire. On peut aussi être pro-asiatique ou pro océanique si on habite en Nouvelle-Zélande. Je suis certain qu’avec un Martinez à ses côtés elle sera instruite de la vraie nature de Bruxelles.
Bref, avec une Christine Boutin qui rassure ces dames qui vont à messe et Béatrice Bourges et Jean-Claude Martinez pour construire un vrai projet, on peut espérer un vrai changement à droite.
Certains vont dire que Christine Boutin est un ersatz de Sarkozy, qu’elle a siégé dans son gouvernement, qu’elle a été utilisée par Chirac pour piquer quelques voix au FN en 2002, ce qui n’a du reste pas marché, et que donc elle serait un peu du système. Je répondrai d’abord que bien qu n’étant pas de ses partisans, je suis admiratif de la manière avec laquelle elle s’est battue contre les projets de dénaturation du mariage ces derniers mois. ensuite, la droite ne pourra sortir de l’ornière que si elle tire un trait sur le passé. Peut-être verra-t-on demain une coalition composée de militants du PCD, mais aussi du RPF du PDF et d’une partie de l’UMP, réduisant ce parti à un ménage à trois composé de Sarkozy, Copé et Fillon.
En tous cas on continuera de suivre tout cela de près.
bonne chance à Christine, Jean-Claude et Béatrice

Jacques Frantz

Une histoire de château

J’achève mes vacances sur la côte basque et je voulais, avant de quitter ce beau pays où on est si bien accueilli, vous présenter le lieu où nous avons pu nous ressourcer avant de repartir vers nos pénates.
Il s’agit d’un château qui, (en partie au moins) pour faire face aux frais considérables d’entretien, offre une prestation hôtelière d’excellente qualité.
Lorsque vous arrivez, c’est le maître des lieux qui vient vous accueillir. Il vous présente par une petite visite, cette superbe bâtisse dont les plus vieilles pierres datent de 1341 et qui appartient à la même famille depuis 24 générations.
La demeure est non seulement belle, mais elle est accueillante et confortable. Je ne parle pas des somptueuses tables à l’entour où le pays offre le meilleur de sa cuisine de la terre et de la mer.
Alors que je menais très provisoirement la vie de château, je me suis dit que l’histoire de ces pierres et de cette famille qui les tient debout contre vents et marées depuis 24 générations, comme je l’ai dit, avait de quoi nous interpeler:
Cette famille, qui se bat pour son patrimoine, qui s’implique dans la vie de sa commune, de sa paroisse et de sa terre n’est-elle pas l’une des meilleures réponses à ceux qui veulent détruire notre société par la dénaturation du mariage, le reniement de nos valeurs et traditions les plus chères et la substitution de populations?
J’ai compris en tous cas une chose: 24 générations ont maintenu debout ces murs. Dieu sait ce que ces murs ont vu comme tribulations, changements de régimes et batailles en tout genre. IL m’est soudain venu une idée. Et si le projet mortiphère et destructeur de décomposition et recomposition des familles, de destruction systématique et méthodique de ce socle de valeurs communes qui nous a permis d’être ce que nous sommes, si ce projet venait s’écraser comme un fruit pourri avant que d’être mûr sur les remparts des bâtisses comme le château d’Urtubie!
Alors permettez-moi de rentrer chez moi avec l’espoir que ce grand Dieu qui a permis à ces murs de demeurer jusqu’à nous aux mains d’une seule famille permettra à notre beau pays de rester debout.
Dieu veille sur les pierres du château d’Urtubie, sur le maître des lieux, sur les siens et sur ceux qui, venant du monde entier y séjournent.
Pour en savoir plus c’est ici:
http://www.chateaudurtubie.fr/fr/

Nicolas est libre, et c’est tant mieux.

La cour d’appel a donc partiellement désavoué les juges de première instance dans l’affaire de ce jeune homme condamné pour la défense d’idées qui déplaisent au pouvoir de gauche. La cour a reconnu le caractère disproportionné de la mesure d’incarcération avec mandat de dépôt prononcée en première instance et qui a tant scandalisé l’opinion.
D’où je me trouve, je n’ai pu que me fier aux comptes-rendus sur twitter qui nous ont permis de suivre les débats quasiment minute par minute. Enfin quand je parle de compte-rendu, s’agissant de celui qui se fait appeler Maître Eolas sur twitter, c’est très exagéré. En réalité, ce n’était pas un compte-rendu de l’audience, mais un compte-rendu de ce qu’il en pensait, et plus précisément de ce qu’il pensait de Nicolas. C’est curieux car je savais que ce personnage était de gauche, mais on le disait honnête, lui accordant un certain crédit au-delà de sa tendance politique.Or non seulement il est malhonnête, au service de la seule idéologie, mais en outre, il est mauvais. J’y reviendrai.
Donc Nicolas est libre. Certes, il n’est pas relaxé. La cour confirme partiellement la condamnation. Ben oui tout de même la justice reste politique. Et puis, si on en croit Maître Eolas, Nicolas a été insolent. Ben voyons!
Je signale à maître machin que l’insolence n’est pas un délit. J’aurais tendance, mais cela reste une opinion personnelle, à penser qu’il arrive que ce soit un devoir. En outre, on peut se poser la question de savoir dans quel monde vit cet avocat. Je pense que dans toutes les juridictions pénales où il passe il ne voit que des racailles qui ont la bouche pleine de politesses, de « bonjour Monsieur le juge », de « plaît-il Monsieur le procureur », ou de « j’implore la clémence du jury ». Faudrait arrêter deux minutes de prendre les gens pour des imbéciles. Je crois que nous, gens de droite, vous avons trop mal habitués en demeurant bien élevés contre vents et marées. Un garçon plein de fougue, arrêté et séquestré abusivement par le système a le droit et même le devoir d’insolence. Je le répète, dans son cas, l’insolence est un devoir. Après tout Omar bongo ne se gênait pas pour téléphoner à Chirac pour lui dire, « Jacques, tes petits juges m’emmerdent ». Donc pas la peine cher maître de jouer les vierges effarouchées juste pour démontrer une seule chose, que Nicolas est un sale type et que ce qui lui arrive est bien fait. Même la cour ne vous a pas donné raison.
Si les faits n’étaient pas si graves on pourrait en rire car il est drôle de voir le zèle de tous ces gens de gauche qui se découvrent un amour immodéré pour la police, pour la répression et pour la sévérité de la justice.
J’ajoute en conclusion que non seulement Maître machin est malhonnête, mais en plus, comme je l’ai dit plus haut, il est mauvais. En effet, il écrivait sur son blog après une démonstration spécieuse justifiant la mesure répressive contre Nicolas,que selon lui, le garçon avait intérêt à ne pas faire appel et attendre sa libération anticipée pouvant intervenir dès le 2 août. Si Nicolas l’avait écouté, il dormirait ce soir en prison. Je comprends dès lors beaucoup mieux pourquoi Maître Eolas se réfugie derrière un courageux anonymat.
Perso, si je me retrouve, chose qui n’est pas improbable, gardé à vue par le bras armé de Taubira et Hollande et si, on commet d’office ce genre d’individu, je serais contraint, en langage juridique, de le récuser. En langage gaullois que j’espère ne renierait pas mon bon Serge, je serais dans l’obligation de lui botter le cul.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec un avocat comme ça pas besoin de procureur!
Jacques Frantz

Vous avez dit sans frontières?

Figurez-vous que je suis en vacances en France. Par prudence, et comme je me sais dans une dictature socialiste, je me suis installé pour quelques jours tout près d’une frontière. En fait, les frontières ne sont plus vraiment ce qu’elles étaient. On vit dans le « sans frontières », je dirais même dans le « sans limites ».
contrairement à la tendance générale qui consiste à tomber en pâmoison devant tout ce qui est « sans frontières », j’aurais tendance à me méfier des « Médecins sans frontières », « reporters sans frontières » et autres « éducation sans frontières », j’en passe et des pires.
Même si j’ai beaucoup d’admiration pour Robert Ménard, je vous l’avoue, je suis un nostalgique de la frontière. Aujourd’hui, en Europe, on se retrouve dans un autre pays sans même s’en apercevoir. On baisse sa vitre pour demander son chemin, et on se rend compte qu’on n’est plus compris dans sa langue parce qu’on a changé de pays. Pourtant, moi je trouvais bien la frontière. La frontière cela voulait dire qu’à partir de là, on était ailleurs. On était à l' »étranger ». On entrait dans ce qu’on était venu découvrir.
Je me souviens de la première fois où nous sommes partis en vacances à l’étranger. C’était avec mes grands-parents. Nous étions partis en Espagne. A l’approche de la frontière, on ne parlait plus qu’à voix basse dans la voiture. Devant le regard sévère de l’officier chargé du contrôle des papiers on retenait notre souffle. C’était le mystère de ce qu’on allait trouver de l’autre côté. Le mystère était du reste souvent déçu car immédiatement de l’autre côté le paysage ressemblait à s’y méprendre à ce qu’on venait de quitter. Mais bon! on était « ailleurs » on changeait de langue, on changeait de monnaie et à nous le dépaysement et la découverte.
Le processus inverse avait lieu au retour. En repassant la frontière dans l’autre sens, c’était le retour, la fin des vacances, le bercail avec ses souvenirs et sa mélancolie.
Aujourd’hui c’est terminé. comme je l’ai dit, vous vous retrouvez sur une route à rouler à vive allure et vous voilà à ‘étranger sans crier gare. Tout est plus ou moins pareil. Fini le « passage de l’autre côté ». Pour le côté exotique, il faudra repasser. Je me suis vu devoir demander sur une ère d’autoroute si nous étions encore en France ou déjà en Espagne.
Cela dit qu’on se rassure. Les instances nationales et supra nationales savent très bien rétablir des frontières quand ça les arrange. On sait très bien vous faire savoir quand des frais s’appliquent sur un produit acheté d’un côté de la frontière et consommé de l’autre.
Les réseaux de téléphonie mobile connaissent très bien les frontières. Votre forfait illimité de ceci ou de cela connait en revanche très bien les limites territoriales.
Bref, nos dirigeants cosmopolites savent très bien s’accommoder des frontières quand ça les arrange. Ils savent les supprimer pour nous priver de nos racines et de notre histoire, mais ils savent aussi les conserver quand il s’agit de nous pomper du fric!

En prison pour ses idées.

Je n’ai pas assisté au procès de Nicolas, 23 ans, qui a été condamné à 4 mois de prison dont deux mois ferme assorti d’un mandat de dépôt. Qu’est-ce que cela veut dire?
Normalement quand quelqu’un est condamné à une peine légère de ce type, il n’est pas arrêté. Il est convoqué ultérieurement par le juge d’application des peines pour l’exécution de sa condamnation. Dans de nombreux cas, les peines ne sont même pas exécutées faute de moyens, de place dans les prisons etc…

Ainsi vous vous retrouvez avec des multi-récidivistes plusieurs fois condamnés qui se retrouvent devant les tribunaux condamnés à une nouvelle peine alors que la précédente n’a même pas été exécutée et ne le sera probablement pas puisque Taubira considère que la prison n’est pas la solution pour les délinquants. C’est, semble-t-il, la solution pour ceux qui n’ont pas les idées qui plaisent au pouvoir. Déjà lors de comparutions précédentes, le parquet aux ordres avait réclamé, sans les obtenir, des peines assorties de mandat de dépôt. Il fallait bien qu’une fois ou l’autre ça passe. Encore une fois, n’ayant qu’une source et n’ayant pas assisté à l’audience, il m’est difficile de me prononcer sur les faits. Ce qui est sûr c’est que la mesure est exceptionnelle. Le mandat de dépôt ne se justifiait pas. Le jeune Nicolas ne constitue pas un danger immédiat de troubles à l’ordre public, il ne risque pas de s’enfuir en Algérie et il n’a jamais commis de délits au par avant. En théorie, jamais une peine assortie d’un mandat de dépôt n’aurait dû être prononcée.
Il se passe exactement ce qui s’est passé au moment du coup d’état communiste en URSS: on remplace les prisonniers de droit commun par des prisonniers politiques. Vous me direz ce n’est pas la même ampleur, mais la philosophie est identique. Les droits communs sont de bonnes personnes corrompues par la société, alors que les gens aux mauvaises idées sont des corrupteurs de société.

Que se passe-t-il? L’exécutif et le législatif se sont entendus au mépris de la séparation des pouvoirs pour adopter en force une loi qui choque une partie importante du pays. Ces deux pouvoirs qui en réalité n’en font qu’un ont pensé que la protestation serait écrasée, comme cela s’est passé en Espagne. Notons au passage que majorité et opposition se sont entendues comme larrons en foire pour ce passage en force, l’opposition officielle ne s’opposant que pour la galerie, mais aidant la majorité en sous-main. Sauf qu’un grain de sable est venu tout gâcher. Le pouvoir et son opposition de façade n’avaient pas prévu que la protestation allait durer. En effet, grâce notamment aux réseaux sociaux et à une jeunesse qui ne veut pas de ce changement de société, une sorte de harcèlement démocratique à l’instar de celui qui était proclamé par la gauche en son temps est en trin de se faire jour. Désormais, des jeunes qui n’en avaient pas l’habitude se mettent à user des méthodes de l’adversaire. Sauf que les acteurs ont changé de camp. C’est désormais la gauche qui est dans le camp répressif tandis que la droite bien élevée est dans le camp des protestataires. c’était inimaginable et face à cela, le pouvoir de gauche ne sait pas réagir. Ce qui est sûr c’est que ça ne peut plus durer. Il faut absolument dissuader les harceleurs de harceler. La désinformation, les intimidations, les violences, les gardes à vue abusives n’ont pas suffit. Il faut donc de la prison ferme pour faire réfléchir ces petits merdeux homophobes.

D’ailleurs, ceux qui s’indignent d’habitude de la répression de la délinquance sont étrangement silencieux aujourd’hui. Cela dit il y a pire. On a vu passer un tweet de l’humoriste de caniveau Stéphane Guillon qui disait en substance, qu’un opposant au mariage pour tous avait été mis en prison, mais qu’il changerait d’avis après la première douche. Je garderai par de vers moi ce que je pense de la finesse et de l’élégance d’un tel propos. En revanche, je ne peux passer sous silence ce qui s’apparente à l’appel au viol d’un détenu. On a bien compris qu’avec un catho de droite tout était permis.

Jacques Frantz.