EN UKRAINE, AMNESTY INTERNATIONAL DÉCOUVRE QUE L’EAU EST HUMIDE

EN UKRAINE, AMNESTY INTERNATIONAL DÉCOUVRE QUE L’EAU EST HUMIDE

Le communiqué de presse d’Amnesty International au sujet de la mise en danger de la population ukrainienne par son armée a fait couler beaucoup d’encre. Pensez donc! Une ONG qui a pignon sur rue! Et quelle ONG! Beaucoup sont méfiants vis-à-vis de ces organisations qui ont de plus en plus de mal à cacher leur très forte dépendance aux gouvernements qui les financent, au moins en partie. Car comme disait ma grand-mère, “qui paie commande”. Donc, il ne fait aucun doute que bon nombre de grandes organisations internationales non gouvernementales font partie intégrante du soft power des pays anglo-saxons et, en particulier, des États-unis. Beaucoup se sont à juste titre étonnés de cet éclair de lucidité d’une organisation qui examine la situation des droits de l’Homme avec des lunettes à géométrie variable, le verre côté gauche fonctionnant beaucoup mieux que son vis-à-vis.
Dans son communiqué du 4 août intitulé “Ukraine, Les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile”, l’organisation susmentionnée semble découvrir ce que Xavier Moreau dans https://stratpol.comStratpol, Christelle Néan et Laurent Brayard dans Donbas Insider ou encore Anne-Laure Bonnel dans ses reportages dénoncent depuis des mois. Zelinsky, la marionnette de Kolomoisky, n’hésite pas à utiliser des infrastructures civiles et des populations civiles comme boucliers humains. Rappelons tout de même ce dont il s’agit:
Le procédé consiste à conduire des opérations militaires en s’abritant dans ou à proximité de bâtiments civils évacués desdits civils ou non. Ainsi, l’armée adverse n’a pas d’autre choix pour se défendre que d’attaquer les bâtiments en questions. Une autre méthode consiste à se faire encadrer par des civils lors des déplacements pour dissuader l’armée d’en face d’attaquer. Ne reste plus ensuite que de faire jouer les médias aux ordres en chialant sur les ruines encore fumantes des écoles, des théâtres ou pire encore, des maternités. Les journalistes, qui ne reculent devant rien lorsqu’il s’agit de s’adonner aux plus bas instincts de la prostitution, en font des tonnes pour manipuler l’opinion publique. Rappelons que ce procédé est proscrit par les Conventions de Genève de 1949 et constitue un crime de guerre. Depuis des mois, quelques courageux informateurs déjà cités crient dans le désert, mettant en jeu leur crédit et leur réputation. C’est dans ce contexte qu’Amnesty International vient de leur donner raison.

Pour faire bonne mesure, Amnesty accuse la Russie d’utiliser des armes à sous-munitions. Il s’agit de bombes renfermant d’autres engins explosifs dispersés au moment de l’impact qui explosent dans un rayon important, peu, voire pas maîtrisé. Il arrive même que certains explosifs ainsi libérés ne se déclenchent pas, ce qui constitue autant de bombes à retardement et de danger pour les civils. Il existe une convention dite Convention d’Oslo qui interdit la production, le transfert, l’acquisition ou le stockage de ces munitions et ce, quelles que soient les circonstances. Aucune institution indépendante ne s’est penchée sur le sujet et je crains qu’il faille attendre la fin des hostilités pour en savoir davantage. Cela dit, le bombardement par Kiev d’infrastructures où étaient détenus des prisonniers de guerre ukrainiens pourrait constituer un début d’éclairage sur la question. L’angoisse des dirigeants ukrainiens que leurs propres prisonniers parlent est assez suspecte. Le journaliste Xavier Moreau a du reste été autorisé à se rendre sur les lieux très récemment.
Alors il faut être clair! Je ne m’avancerai pas en me prononçant sur l’utilisation de ce type d’armes par les Russes. L’avenir le dira, si une enquête indépendante a lieu où chacune des parties pourra être entendue. Qu’il me soit toutefois permis de faire valoir que pour aussi discutable moralement que soit l’utilisation de ces armes, celle-ci ne saurait constituer une violation de la Convention d’Oslo puisque la Russie n’en est pas membre. Autre grands absents de la liste des États ayant adhéré à la Convention… Je vous le donne en mille… l’Ukraine et les États-Unis. C’est certes très fâcheux, mais ceux qui croient en l’existence de guerres propres en seront pour leurs frais. Cependant, contrairement aux partisans de Zelensky et aux États-Unis, nous n’aimons pas la guerres propres, nous n’aimons pas la guerre tout court et nous souhaitons, (toujours contrairement aux États-Unis), que cette guerre prenne fin le plus tôt possible.
Il faut savoir qu’Amnesty International, devant le tollé suscité par son communiqué de presse, a dû faire amende honorable en expliquant que la Russie était bien l’agresseur (ce qui est faux), et que les Ukrainiens étaient les victimes, (ce qui est vrai), mais encore faut-il déterminer les victimes de qui.

Alors certains se sont beaucoup avancés en concluant que l’écart que se serait permis l’organisation de défense des droits de l’Homme préfigurerait l’abandon de Zelensky par les États-Unis. C’est possible, mais pour ma part, je crois davantage à des dissensions au coeur du “camp du bien”. Comme disait Lénine, “les faits sont têtus”. Donc l’aventure militaire risque de très mal se terminer pour Kiev et pour son Président. Oui parce qu’à l’avenir, le Président de l’Ukraine sera tout au plus Président de Kiev. L’obstination de Kiev à ne pas négocier aura en effet pour conséquence une amputation considérable de son territoire, et pas seulement au profit de la Russie. Or, avec la victoire et la conquête territoriale, pourraient apparaître au grand jour bon nombre de faits inquiétants pour le Pouvoir actuel de Kiev et même pour les États-Unis. Qui vivra verra. C’est dans ce contexte que certaines peurs pourraient commencer à se faire jour. Ce que Xavier Moreau, Christelle Néan et Anne-Laure bonel ont eu le courage de dénoncer, d’autres aussi l’ont vu. Peut-être se disent-ils qu’après le temps du mensonge, est venu le temps de la prudence. Parce que des comptes pourraient bien être demandés à ceux qui savaient et n’ont rien dit. C’est davantage sous cet éclairage-là qu’il faut, à mon avis, voir la déclaration d’Amnesty qui reste bien timide. Parce que s’il apparaissait que l’Organisation avait caché et donc couvert des exactions, certains de ses bailleurs de fonds pourraient aller bailler ailleurs. Or il faut savoir que les cadres de ces ONG ne se mouchent pas du coude lorsqu’il s’agit de leurs rémunérations et avantages. L’humanisme a tout de même ses limites. Ajoutez à cela que si, comme le prévoient certaines projections, le Congrès américain change de bord, bon nombre de robinets (et ce n’est pas un mauvais jeu de mot), pourraient se fermer. Le contribuable américain qui risque d’avoir froid cet hiver pourrait avoir quelques exigences en ce sens.

Dire que le vent tourne, tout le monde en est bien conscient. La question est maintenant de savoir combien seront-ils à suivre l’exemple d’Amnesty. À quand les BHL venant nous dire que Zelensky est un immonde personnage? Oui d’accord belle lectrice, je t’entends déjà me dire que BHl ne se trompe jamais et n’admet jamais ses erreurs. Mais il y en a d’autres moins bien protégés. Suite au prochain numéro.

Jacques Frantz

4 commentaires

  1. En effet, même si c’est vrai, quand ce n’est pas politiquement correct de le dire, on présente des excuses pour l’avoir dit ! Et on jure, honteux et confus, qu’on ne le dira plus ! Peur, mais de quoi ? Lâcheté plutôt ! Effectivement, il semble que dans le camp de la bien-pensance, on ne s’entende pas si bien que ça…

    https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/07/amnesty-international-presente-ses-excuses-apres-son-rapport-mettant-en-cause-l-armee-ukrainienne_6137427_3210.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1659883675

    1. En gros c’est « excusez-moi d’avoir dit la vérité ».
      Alors il y a une vraie peur. Parce que les plus intelligents sentent bien que certaines choses sont en train de tourner au vinaigre et qu’il va falloir tourner sa veste. Le problème est qu’il faut non seulement tourner sa veste du bon côté, mais aussi au bon moment. Et ça, c’est plus compliqué. Avoir raison ne suffit pas, encore faut-il ne pas avoir raison trop tôt.
      Là, les risques sont réels parce que comme je l’ai dit, l’heure des comptes finira par sonner. Or ceux qui considèrent que cette heure est proche sont de plus en plus nombreux.
      JF

        1. Pas faux.
          Comme quoi tout le monde a besoin d’une femme!
          Pauvre Robbinet. Il me ferait presque de la peine à certains moments. Obliger un homme dans cet état de présider les États-Unis, c’est presque de la maltraitance.

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