RELAYEZ SUR VOS RÉSEAUX
ГОВОРИТ МОСКВА ICI MOSCOU
Comme d’habitude, Sanders et son acolyte cacochyme et postillonnant Bernard Antony ne loupent jamais une occasion de cracher leur venin acide et fétide contre la Russie qu’ils détestent. Bien sûr, il s’en défendront en disant que leur ennemi n’est pas la Russie, mais Poutine. Mais au fond d’eux-mêmes, c’est bien la Russie qu’ils détestent. La preuve se trouve dans un récent article d’Alain Sanders.
L’article intitulé Pascal Praud ou l’art de banaliser la propagande du Kremlin n’a qu’un objectif, prouver que Pascal Praud – l’objet de l’attaque de Sanders – relativise l’action de la Russie en Ukraine et introduit des nuances à la seule fin de dissimuler son soutien à Moscou.
« Depuis le début de la guerre en Ukraine, Pascal Praud s’est imposé comme l’une des voix médiatiques les plus sensibles au narratif poutinien. Oh, il se garde bien de défendre ouvertement Vladimir Poutine, mais nombre de ses interventions (et encore tout récemment dans Le Journal du Dimanche) donnent le sentiment d’une complaisante indulgence (litote) envers les arguments qui servent les intérêts du Kremlin. »
Faire la liste des inepties écrites par Sanders serait trop long et somme toute inutile. En revanche, il y a deux éléments interconnectés sur lesquels il me semble nécessaire de s’arrêter : D’abord l’absence totale de nuances. Pire ! Pour des gens comme Sanders, la nuance est tout de suite suspecte.
Dire que ce qui se passe entre la Russie et l’Ukraine est une affaire complexe comportant des éléments historiques, politiques ou ethniques vous classe immédiatement comme agent du Kremlin et suppôt de Poutine. Être pour la paix – comme je l’ai entendu récemment – vous range immédiatement à l’extrême-droite. Or il n’y a pas d’analyse possible sans nuances
On connaît Alain Sanders. On connaît le fanatique pro-américain et surtout pro-israélien. On connaît moins en revanche (et c’est là qu’on voit comment s’exerce le fanatisme) celui qui reprend mot pour mot la propagande et les manières inquisitrices de l’extrême-centre macroniste. Sanders, qui faut-il le rappeler a fait toute sa carrière au quotidien Présent, parle comme LCI. Sa dialectique n’a rien à envier à celle d’un Macron, ou même d’un Glucksmann.
Certain m’objecteront que j’écris depuis Moscou, ce qui est incontestable puisque je le signale en en-tête de tous mes article écrits depuis cette ville que Sanders – sans y être allé – décrit comme un enfer. Mais après tout si Sanders est mieux dans la crasse de Paris métissée, ça le regarde. Quant à moi je rappellerai que mon blog est toujours ouvert et j’y écris ce que je veux. Ensuite, la polarisation du débat à cause de gens comme Sanders rend toute analyse inaudible.
Dire que ce qui se passe est aussi complexe que tragique et dramatique vous ferme toutes les portes et vous rend inintelligible aux deux extrémités du spectre. Ainsi, tous ceux qui tentent d’expliquer, d’analyser des faits et surtout d’appeler de leurs vœux la fin la plus rapide possible du conflit sont vilipendés et considérés comme pro-russes par les fanatiques pro-ukrainiens, et pro-ukrainiens par les fanatiques pro-russes.
Sanders est-il un traitre ?
Certainement pas à Israël en tout cas dont il applaudit (sans nuances, encore une fois) les exploits génocidaires à Gaza et au Liban. En revanche, pour ce qui est de la France, on est en droit de se poser la question. Mais après tout, Sanders a-t-il vraiment en ligne de mire les intérêts de notre pays ? Pas sûr ! Parce que si tel était le cas, il se poserait la question de savoir en quoi une victoire de Kiev serait utile à la France ? En quoi la disparition de Poutine et de son régime et le retour de la gaypride à Moscou serait bon pour la prospérité de Paris ? Que Macron et Glucksmann fanatiquement en faveur de la destruction de notre pays soient pour une victoire de l’Ukraine et la disparition de Poutine qui a apporté à son pays une prospérité sans précédent se comprend. En revanche, que Sanders qui a vécu de l’argent des lecteurs catholiques de Présent soit hystérique dès qu’il s’agit de Poutine et en trance dès qu’il s’agit du clown dégénéré qu’est Zelensky a de quoi laisser pantois.
Jacques Frantz
Afin de montrer au sieur Sanders à quel point est insensée la polarisation dans laquelle il essaie de nous enfermer, nous sommant de choisir un camp, j’aimerais, via ce blog, lui raconter une histoire qui, mine de rien, parle de mathématiques. Nous avons appris qu’il a été dit aux anciens : « Aucune proposition ne peut être vraie et fausse en même temps et sous un même rapport ». Par conséquent, si vous êtes critique envers les idées de X, c’est forcément que vous .êtes un terrifiant personnage qui roule pour Y. et si vous trouvez que Y en fait quand même un peu trop, alors c’est que vous êtes manipulé par X, peut-être sans même en avoir conscience ! Certes, les bons logiciens ne viennent pas avec leurs gros sabots pour détruire les théorèmes démontrés par leurs prédécesseurs, mais pour les compléter et au besoin, en faire apparaître les limites. donc ce que vous avez appris à l’école est globalement vrai bien sûr. Mais retenez bien la fin de la phrase : « en même temps et sous un même rapport. » Soit ! Mais alors, sous un rapport différent, qu’en est-il ? Serge de Beketch fut un mortel. C’est hélas vrai puisque, mortels, nous le sommes tous. Et pourtant, en même temps, Serge de Beketch est immortel car il demeure dans nos mémoires grâce à sa plume, aux archives de ses émissions de radio, au souvenir que nous avons tous de son humour délicieux et de l’élégance avec laquelle il parlait notre belle langue française. Donc, il est à la fois, mais pas sous un même rapport bien entendu, mortel et immortel ! Si donc vous vous surprenez à avoir ce genre de pensée en écoutant Mr Sanders causer dans le poste ou se répandre par écrit, faites une pause, et laissez-moi vous proposer d’imaginer un petit scénario.
Vous êtes le gérant d’une bibliothèque et, en bon documentaliste que vous êtes, Vous voulez trouver un système pour classer facilement tous les livres en fonction de deux catégories : vous décidez de faire une pile avec les « ouvrages qui se citent eux-mêmes », c’est-à-dire ceux qui contiennent une référence à eux-mêmes, du type « voir page x du même ouvrage », ce qui est fréquent dans des traités de comptabilité, de géographie et d’autres sujets encore. On les appellera, pour simplifier, « ouvrages scientifiques ». L’autre pile sera constituée d’ouvrages qui, comme la plupart des romans, contes, recueils de poèmes et j’en passe, ne font jamais de références à eux-mêmes dans le corps de leur texte. Appelons cette vaste rubrique « littérature » par exemple. Il suffit donc de lire un ouvrage, de voir s’il contient une référence à lui-même, puis de le mettre dans une pile ou dans l’autre, selon le résultat. Et comme décidément vous êtes un archiviste irréprochable, vous allez dresser le catalogue exhaustif de chacune de vos deux catégories. Vous vous retrouvez donc avec deux nouveaux ouvrages : le catalogue « littérature » et le catalogue « ouvrages scientifiques ». Prenons maintenant le catalogue « littérature »: où allez-vous le mettre ? A priori dans la catégorie « litérature », puisque, pour l’instant, il est lui-même un ouvrage qui ne se cite pas lui-même ! Mais si l’on veut qu’il soit complet, il faut inscrire dans la liste des ouvrages qu’il contient son propre titre : « catalogue des ouvrages qui ne se citent pas eux-mêmes ». Mais voilà qu’il fait désormais une référence à lui-même, puisqu’il contient son propre titre ! Or, il ne peut contenir que la liste des ouvrages qui ne font pas de références à eux-mêmes ! Peut-on donc le retirer de cette liste pour le mettre dans l’autre, celle des ouvrages qui se citent eux-mêmes ? Non, bien sûr, car les titres dont il dresse la liste n’y ont tout simplement pas leur place ! Mais encore, parce que si nous retirons son propre titre du « catalogue des ouvrages qui ne se citent pas eux-mêmes », il ne contient plus de référence à lui-même et on ne peut donc pas le mettre de l’autre côté, dans le « catalogue des ouvrages qui contiennent une référence à eux-mêmes », puisque cette référence, nous venons juste de la retirer ! C’est comme une boucle sans fin, et vous comprenez bien qu’il n’y a pas de réponse à la question : où mettons-nous le catalogue des ouvrages qui ne se citent pas eux-mêmes ? Cela a comme conséquence que notre catalogue peut être soit cohérent, soit complet, mais pas les deux à la fois : soit il y a un ouvrage qui se cite lui-même et dont le titre n’est pas dans le catalogue (cet ouvrage étant bien sûr lui-même) et le catalogue est incomplet, soit le catalogue est complet (on y rajoute son propre titre pour le rendre complet), mais son positionnement dans la pile est désormais incohérent. Moralité : la pensée binaire, celle qui réduit le monde à deux catégories, oui/non, X vs Y, 0/1, c’est génial pour faire fonctionner des ordinateurs comme celui que j’utilise pour vous raconter tout ça, mais totalement inapproprié pour rendre compte de la complexité des réalités humaines avec leur part d’indécidable : CF le paradoxe de Russel ou encore le théorème de Gödel. Allez, juste pour le plaisir puisque visiblement il faut tout lui expliquer en termes aussi simples que son esprit, à ce monsieur, voici une courte vidéo pour illustrer tout ça !
https://www.youtube.com/watch?v=HFgAVwjm93Y