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Patrick Le Lay, ancien patron de TF1 : " Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ” business ”, soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible » (…).

Bien sûr, cette intervention de Patrick Le Lay, a fait couler beaucoup d’encre. Cependant, hélas, elle n’a pas eu le seul effet salutaire qu’elle aurait dû avoir, c’est-à-dire détourner une bonne fois pour toute les téléspectateurs sinon de la télévision, ou à tout le moins de TF1.

Certains m’objecteront que ça a le mérite de la franchise. À ceux-là il faut faire remarquer qu’ils confondent franchise et arrogance. Ce n’est pas l’argent roi que dénonçaient les communistes dans les années 70 avant de faire financer l’Humanité par les Rothschild, c’est l’argent comme valeur absolue et comme seule finalité.

On peut comprendre que le directeur d’une chaîne de télévision privée fasse de l’argent. Il a des salaires à payer, et personne ne saurait lui en tenir rigueur. Ici, le problème vient du fait que l’argent est le seul but. L’essentiel n’est pas que ça plaise, mais que ça se vende.

C’est la même chose (et c’est encore plus grave), avec l’agro-alimentaire. On produit quelque chose à vendre et non à manger. Et peu importe que cela rende les gens malades, peu importe que ça empoisonne les masses, peu importe, du moment que ça génère des revenus.

Même chose pour les chaînes d’information. On ne vous présente pas l’information qui alimente votre connaissance, mais leur porte-feuille.

Et qu’on ne vienne pas me raconter que le service dit public, débarrassé des contraintes financières, peu produire de la qualité. Aux mains du pouvoir, le service public produit de la propagande et du mensonge macronien.

Au risque de passer pour un nostalgique forcené, (ce qui n’est pas le cas), je ne puis m’empêcher de relever qu’il fut un temps où le « business » avait à coeur d’offrir un bon produit. Il n’y a pas si longtemps, un bon chef d’entreprise était celui qui donnait satisfaction à toute la chaîne. Les clients, le personnel et les actionnaires. Aujourd’hui, avec la finance apatride, les deux premiers ont pour seule vocation d’engraisser le dernier. Le pire est que des gens comme Patrick Le Lay (il est loin d’être le seul), en sont fiers, alors qu’ils devraient avoir honte.

Reste que le consommateur n’a qu’à arrêter de consommer. Éteignez vos télévisions.
Jacques Frantz

10 commentaires

  1. j’ai vécu pendant des années sous la coupe d’un tyran domestique qui était tout à la fois un gros consommateur de télévision, et un gros consommateur en général : nourriture, gadgets électroniques et j’en passe. Et pendant presque le même nombre d’années, je me suis promis que lorsqu’il quitterait la scène de ce sinistre théâtre, la première chose à disparaître de ma vie serait… le journal de 20:00 à la télé ! J’ai tenu cette promesse le soir même où a pris fin l’automne du patriarche, cela va faire 19 ans dans quelques semaines. et franchement, je ne l’ai pas regretté une seconde. La boîte de pandore n’est plus ouverte ici qu’une fois par an, le 1er janvier, à l’heure de la diffusion du Concert du nouvel An en direct de vienne. C’est suffisant pour moi, ma santé mentale, intellectuelle et spirituelle m’étant bien plus précieuse que la petite lucarne qui n’a depuis longtemps plus rien de magique.

    1. Éteindre la télé ??!!?
      Mais les Français seraient privés, d’assemblée nationale, de Moyen-Orient, de fachodestremdroite, d’Etat de droit, de Zelensky, de Netanyahu, de Trump, Poutine, de populistes, de Macron, de démocratie comme la nôtre, d’agressions à l’arme blanche, de refus d’obtempérer …
      (et puis en plus on assisterait à une démographie galopante d’ici fin novembre, les maternités exploseraient)

  2. Cela fait du bien de lire un article produit par quelqu’un de « réveillé »… en espérant que cela va inciter ses lecteurs à jeter leur télévision. Cela fait des années que je n’en ai plus, quel bonheur!

    1. Merci du commentaire. En tout cas la citation en dit long sur l’estime que les producteurs de contenu télévisuel portent aux téléspectateurs. Elle est exactement analogue à celle que portent les éleveurs de poulets en batterie. Ils n’en mangent pas.

  3. Bonjour,

    Je visionne actuellement, jour après jour et avec un certain intérêt, l’intégralité des entretiens de la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, dont le rapporteur est le très jeune et talentueux Charles Alloncle.

    Bien entendu, il est certain que cette commission ne débouchera sur rien, c’est connu à l’avance, mais au moins, on se rend compte à quel point le milieu de la télévision et de la radio publique est devenue endogame et totalement consanguin avec une idéologie libérale-libertaire, quand ce n’est pas tout bonnement infiltré par une idéologie plus proche de LFI, en particulier pour les émissions (en principe) destinées à nos ados.

    J’ai bien conscience que visionner la totalité des entretiens est assez longue, mais si vous ne deviez n’en regarder qu’un seul , je vous recommande celui-ci qui est impayable, dans le style emploi quasi fictif.

    https://www.youtube.com/watch?v=l1JqSplUCwI

    1. Merci Arnaud de ce commentaire. Je n’ai pas le temps de visionner tous les débats de cette commission qui, nous sommes d’accords, ne débouche Hera sur rien, déjà du fait qu’à l’intérieur, certains en sont membres à la seule fin d’en saboter les travaux et les conclusions. Cela dit, elle a le mérite de porter à la connaissance du public un mode de fonctionnement. Rien que ça, fait grimper aux rideaux toute la gauche et l’extrême-centre. Ce Charles Alloncle est en tout cas très courageux.

  4. J’ai eu une télévision entre juillet 81 et février 84, épouse oblige. C’est moi qui suis parti, et je n’ai pas demandé à emporter la télévision, foutre non ! Je n’écoute plus non plus la radio, qui me passionnait enfant. Et j’ai cessé de lire la presse voici… un peu plus de vingt ans. Je m’informe cependant, mais on ne m’imposera pas — plus — une vision du monde !

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