GUERRE EN UKRAINE, VOILÀ POURQUOI ÇA NE S’ARRÊTE PAS

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ГОВОРИТ МОСКВА ICI MOSCOU

Dans l’entretien d’une heure qu’il m’a accordé et que j’ai publié ce 13 août, Claude Janvier a lâché une information tout à fait intéressante. L’entretien est très riche et je ne saurais que trop vous conseiller de l’écouter.Retrouvez-moi sur X
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mon invité est un des plus grands spécialistes de ce qu’on a convenu d’appeler l’État profond, qui réunit les grandes figures de la haute fonction publique et les grands patrons influents. Dans ce contexte, Claude Janvier nous apprend qu’une société comme Vanguard, qui gère la bagatelle de 12 000 milliards de dollars d’actif en 2026, n’est pas présente en Fédération de Russie. Or quand on sait (toujours d’après Claude Janvier) qu’un économiste évalue les possessions de matières premières de la Russie à 58 000 milliards de dollars, on comprend que Vanguard doit remédier à cette situation.

Serge de Beketch qui nous manque beaucoup avait l’habitude de dire que la première raison pour laquelle les États-Unis entraient en guerre était toujours financière.

Cependant, pour bien comprendre il faut remonter 27 ans presque jour pour jour en arrière. Le 9 août 1999, le premier président de la Fédération de Russie Boris Eltsine entre deux cuites et deux séjours à l’hôpital limoge son Premier ministre Sergueï Stepachine, pour le remplacer par un petit bonhomme aussi inconnu qu’insignifiant, un certain Vladimir Poutine. Avec lui, pensent ceux qui tirent les ficelles de la marionnette Eltsine, aucun risque que les choses changent, les anglo-saxons vont pouvoir continuer à faire du business (comprendre piller le pays). Sauf que rien ne se passe comme prévu. Non seulement Poutine va s’installer au pouvoir pour durer, mais encore pour y remettre de l’ordre. Il négocie avec le clan Eltsine le départ de ce dernier au 1er janvier 2000, sans attendre la fin de son mandat sensé se terminer pourtant en mars de la même année.

Et là, Poutine qu’on croyait manipulable, entreprend de nettoyer les écuries d’Augias. Dieu sait qu’il y a du boulot. Dans la Russie des années 90 s’est installé un chaos indescriptible dans lequel les mafias sont comme des poissons dans l’eau. Le moindre kiosque qui oublie de prendre une « assurance tout risque » (comprendre prêter allégeance au caïd local) reçoit bien vite les artificiers de ce dernier. Dans ce contexte, les terres rares, les minerais, le gaz et le pétrole venant de Russie sont vendus sur les marchés internationaux alors que la population a faim. Dans les grandes villes, il n’est pas rare de voir des habitants à la rue car dépossédés de leur appartement pendant qu’ils étaient au travail. Un beau soir, la clé ne tourne plus dans la serrure changée par une famille venue du Caucase qui a bien le droit de vivre à Moscou.

Mais pendant que le président Poutine tente de remettre de l’ordre dans cet immense pays qu’est la Russie, en Ukraine, par exemple, les trafics continuent. Quand on dit trafics on n’exclut pas la traite des êtres humains. Aussi, il est temps de se demander si le véritable enjeu des négociations entre la Russie et les États-Unis ne serait pas l’absence intolérable de Vanguard. Autrement dit, l’oligarchie mondiale n’est-elle pas en train d’imposer à Poutine de gré ou de force son retour ?

En effet, rien ne filtre des négociations entre la Russie et l’Ukraine. Elles s’arrêtent, elles reprennent, sans qu’on sache bien pourquoi. Les comptes-rendus devant la presse ne contiennent que de l’air chaud ou froid selon les saisons, et pendant ce temps, soldats et civils continuent de mourir sur le terrain.
Un autre point intéressant : le profil des négociateurs. Je peux bien sûr me tromper, mais Kushner et Witkoff, côté américain ont davantage le profil de spéculateurs et de boursicoteurs initiés que d’experts territoriaux et militaires. Même chose côté russe avec Kirill Dmitriev.
C’est que les multinationales américaines ne pensaient pas que Poutine allait durer aussi longtemps. Et la patience de ces gens-là a des limites. Si la théorie énoncée ici est la bonne, il y a fort à parier que la Russie va payer un lourd tribut pour son indépendance. Dans cette perspective, les bouts de territoires rongés par les uns et par les autres sur le terrain ont l’air bien ridicules. Un vieil Italien me disait avec un accent qui sentait bon la sauce pomodoro, « vous n’avez pas voulou les fascistes, vous aurez la mafia ». Au nombre de morts, il ne fait aucun doute que c’est la mafia qui gagne.

Jacques Frantz

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