À ceux qui rêvent d’une dissolution.

À ceux qui rêvent d’une dissolution.

après la fausse démission du gouvernement Valls et la formation tout aussi fausse d’un nouveau gouvernement Valls, certains entrevoient déjà une possible dissolution.

Effectivement, la Constitution donne au Président de la République la possibilité de dissoudre l’Assemblée Nationale après avoir reçu les présidents des deux assemblées qui constituent le parlement.

Tout d’abord, pourquoi nous parlons ici de fausse démission du gouvernement?
Certains ministres ont dérapé ce weekend à l’occasion d’une fête de la rose dont personne n’aurait parlé en temps ordinaires. Le dictateur de Matignon qui, faut-il le rappeler, a aspergé des enfants de gaz lacrymogènes, a pris la mouche et a décidé de se débarrasser des trouble-fête. Il lui suffisait pour cela de débarquer les fautifs. En principe, on ne vire pas un ministre. On le contraint à la démission. Tout ministre désavoué par le Président de la République et par le Premier Ministre doit quitter son poste. C’est la tradition républicaine. On n’a jamais vu un ministre refuser de démissionner.

Ici, pour se débarrasser de trois ministres qui posent problème, Valls est contraint ou se contraint de liquider tout le gouvernement et d’en nommer un autre quasiment identique. Pourquoi? Je ne peux que supposer étant donné qu’aucun observateur politique n’a donné d’explications qui tiennent la route.

On peut imaginer que le Président de la république a consenti à ce remaniement en traînant les pieds, ce qui en dit long sur son autorité. On peut imaginer aussi que le Président de la république, ne voulant pas se salir les mains et conserver de précieuses amitiés ou de précieux soutiens, (on peut toujours rêver), n’a pas voulu désavouer personnellement les ministres chahuteurs et a préféré la solution de la démission en bloc du gouvernement.

Donc en réalité il ne s’agit que d’un remaniement mineur, même s’il concerne des ministères importants.
Pour ce qui est de la dissolution, il semble que cette solution soit celle qui convienne le moins, et c’est pour cela qu’elle n’aura pas lieu. Elle ne convient vraiment à personne.
Si, comme il en a le droit, le Président dissout l’Assemblée il est certain de perdre sa majorité socialiste. Il sera donc forcé de nommer un Premier ministre issu des rangs des vainqueurs, comme l’ont fait avant lui François Mitterrand et Jacques Chirac. Sauf que ses deux prédécesseurs n’étaient pas aussi impopulaires qu’il l’est aujourd’hui. On se souvient qu’en 1986, grâce à la proportionnelle, Mitterrand et le camp socialiste ont failli gagner leur pari et n’ont perdu la majorité que de quelques voix si on met de côté les 35 députés FN. En 1993, lorsque Mitterrand est contraint de cohabiter, les socialistes sont certes très impopulaires, nais peu chaud alors à un président en fin de mandat et en fin de vie. LE problème de Hollande est différent. Il aimerait assurer une réélection en 2017. Il est clair qu’avec les socialistes il va dans le mur. Du reste, tout gouvernement, étant donné les contraintes européennes ira dans le mur. Par conséquent, gouverner aujourd’hui c’est s’assurer une défaite électorale demain.

En résumé, si le Président dissout aujourd’hui il perd sa majorité et les résidus de crédibilité qui lui restent. Il s’expose à un refus des partis vainqueurs de gouverner sous peine d’une défaite aux prochaines élection; ce qui signifie que l’UMP non plus n’a pas intérêt à une dissolution. À moins d’événements graves, François Hollande sait que si une partie de sa majorité actuelle fait défaut, il pourra s’appuyer sur une partie de l’UMP pour compléter sa majorité. En effet, à peu de choses près, l’UMP ferait la même politique désastreuse si elle était aux affaires puisque cette politique est de toute manière dictée par des instances supranationales. Il sera facile alors à des députés UMP de voter des lois en cas de nécessité au nom de l’intérêt supérieur d’une nation à laquelle ils ne croient pas.

En conclusion il me semble que Pépère peut dormir tranquille.
La solution n’est pas dans une dissolution de l’Assemblée mais dans une dissolution du Président. Pour cela un seul mot d’ordre, « Hollande dégage ».

Jacques Frantz

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