Désolé de jouer les rabat-joie

Bon alors ça y est, ils sont de retour. On a eu toute la cérémonie en direct puis en boucle sur toutes les chaînes. Personnellement je ne l’ai pas vue, mais Anne, encore de gauche pour un peu de temps et donc toujours encline à s’émouvoir m’a tout raconté. Je dois dire qu’elle m’a raconté et elle m’a aussi étonné.
Elle m’a dit qu’elle avait été très émue par tout le cérémonial. Vous savez, la descente de l’avion avec les mômes dans les bras et tout et tout! Elle s’est posée deux questions dont l’une est intéressante:
« Moi, je ne vois dans tout ça que du positif, mais Jacques, réac dès le café du matin a sûrement quelque chose à redire là-dessus? et
b) N’essaie-t-on pas de me manipuler?

Alors je n’ai pu m’empêcher d’enregistrer quelques progrès. En général lorsque les politiques jouent sur vos émotions, en clair, lorsqu’ils vous font pleurer, c’est toujours suspect.
J’ai proposé à mon interlocutrice de se poser les questions qui conviennent.
En préalable, je dirai que bien évidemment, on se réjouit que des otages ne le soient plus. Alors voici les questions:
Pourquoi un traitement différent lorsque des otages sont journalistes? Si c’est pour des raisons corporatistes, en gros si c’est parce qu’ils tiennent le micro et qu’ils peuvent médiatiser leurs propres cas, il y a de quoi s’inquiéter.
On observe que les prises d’otages qui impliquent des journalistes se finissent toujours bien. Cela nous conduit à nous interroger pour savoir si la médiatisation sauve (dans ce cas pourquoi tous les otages ne font pas l’objet du même ramdam médiatique)? À moins que des efforts particuliers soient faits pour faire libérer des gens issus d’une corporation qui rend tant de services?
La surmédiatisation des libérations n’a-t-elle pas quelque chose d’indécent
?

En tous cas tout ça ne tombe pas si mal pour le « menteur à teinture » dans son costume de chef de l’État trop grand pour lui. Quand en plus il donne dans le pathos il semble flotter dedans encore davantage.
J’ai été choqué tout de même du double discours. En effet, si j’en crois les extraits entendus dans les reportages dont on nous gave depuis trois jours, il serait fier de ces gens qui vont au péril de leur vie nous informer… et bla et bla et bla… Pourtant je crois me souvenir qu’au moment de la prise d’otage du père Georges en Afrique, le Président y était allé de son couplet moralisateur sur les risques pris inconsidérément et de rappeler qu’il y a des endroits où ceux dont la présence n’est pas indispensable devraient réfléchir à dégager bien vite. Je paraphrase bien entendu, mais pour faire court, avant d’ajouter que tout serait fait pour obtenir la libération du Père Georges, il nous a bien fait sentir qu’il l’avait un peu cherché.
Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai toujours davantage de respect pour les ecclésiastiques prêts à tout donner, pour rester auprès des populations à qui, malgré des divergences religieuses ils apportent dans la plus grande discrétion soins et réconfort. Les moines de Tibérine ou les Pères blancs de Tiziouzou n’ont pas hésité à donner leur sang tant leur présence était jugée indispensable par les populations les plus modestes. Or même si je ne fréquente pas vraiment la même église que le Père Georges, et même si son discours est probablement bien éloigné du mien, je dois dire que sa libération fut un véritable exhaussement de prière.
Enfin, le menteur à teinture a été pitoyable quand il a dit, alors qu’on ne lui demandait rien, qu’aucune rançon n’avait été payée et bla… et bla… et bla… On peut douter pour deux raisons:
il serait fort curieux que des radicaux islamistes libèrent des otages comme ça par bonté d’âme parce que c’est pâques, Noël, ou bientôt les élections. En outre, il n’existe aucune négociation sans contre-partie. On aimerait savoir, nous les cochons de payeurs quelle est donc cette contre-partie; et
car lorsque François Hollande dit quelque chose on peut être à peu près sûr que c’est un mensonge.
On peut être à peu près certain qu’une rançon a été payée. Les ex otages, les ministres et le chef de l’État se sont congratulés et se sont confondus en remerciements. Il y en a un qu’ils ont oublié de remercier, c’est le contribuable. Lui il est méprisable pourvu qu’il paye. alors plus que jamais aux urnes citoyens pour envoyer un seul message:
« Hollande Dégage ».

Jacques Frantz

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