RELAYEZ SUR VOS RÉSEAUX
ГОВОРИТ МОСКВА ICI MOSCOU
Je sais bien ce que tu vas penser belle lectrice. Tu vas penser que je me vante. Dieu m’en garde. Cependant, je suis assez fier d’avoir damé le pion à celui-là. À l’ennemi de Dieu et partant à notre ennemi.
Voici comment ça s’est passé.
Ceux qui lisent ce blog savent que j’enregistre des podcasts et que depuis environ un mois avec l’assistance de Philippe que je remercie, j’ai ouvert une chaîne Youtube où je publie les fameux podcasts. Or si la visibilité reste très modeste, elle n’en est pas moins en net progrès et ces progrès dépassent mes espérances, à telle enseigne que j’ai pris l’habitude de consulter tous les matins voire un peu plus souvent (un peu trop peut-être) le nombre d’abonnés sur ma chaîne. Tant et si bien que je me suis rendu compte que j’étais en train de prendre l’habitude de consulter les statistiques de ma chaîne avant ma lecture biblique quotidienne. Oui, parce qu’il faut vous le dire, j’ai conservé l’habitude de lire et méditer la parole de Dieu presque chaque jour. Là non plus ce n’est pas pour me vanter, mais on n’efface pas 21 ans de protestantisme aussi facilement. Et puis, de vous à moi, je n’en ai nulle intention.
Ainsi donc, je me suis rendu compte que j’étais en train de priver mon créateur de la place qui lui revient et tout ça pour mon ego. Pitoyable ! Bien décidé à y remédier, je n’ai tout de même pas manqué, mes exercices spirituels terminés, d’aller voir si mes stats avaient progressé. Or quelle ne fut pas ma stupeur lorsque j’ai constaté que le nombre de mes abonnés avait atteint 666. Il m’a bien eu, le salaud. Que faire ? Je ne suis pas superstitieux, mais la symbolique me déplaît.
Le diable :
« Tel est pris qui croyait prendre ! Tu es ni plus ni moins comme les autres. Tu te regardes le nombril et tout ce qui t’intéresse, c’est ton ego. »
Moi :
« Possible, mais je résiste. Je n’ai pas la prétention d’être différent des autres. Toutefois, je sais que mon créateur a l’ambition de me rendre meilleur et j’ai bien l’intention de lui obéir. »
Le diable :
« Avec ton histoire d’abonnés, c’est à moi que tu obéis. Regarde-toi, tu vas consulter tes stats plusieurs fois par jour. Et tu es ridicule quand tu crois que quinze minutes de lecture biblique pourront te sauver. La preuve, regarde comment je t’ai damé le pion. À présent, je te tiens ferme dans mes griffes. Sais-tu que je peux bloquer ton nombre d’abonnés à ce chiffre que tu détestes ? Les réseaux sociaux, c’est mon univers. Ça m’appartient et tout ceux qui y vont m’appartiennent. Franchement, si tu crois que tu fais exception, tu es un pauvre type. Les réseaux, c’est mon truc. Faire croire aux gens qu’ils peuvent comme ça accéder à la célébrité, c’est ce avec quoi je les tiens. »
Moi :
« Si tu n’étais pas le démon, le méchant, l’ennemi, celui dont la Bible ne fait mention que de façon négative, j’aurais pitié. Mais la pitié n’est pour toi que de la faiblesse. En outre, je ne peux éprouver pour toi ce que tu refuses d’éprouver pour les autres. Bref, je suis très conscient du mal que peut faire la célébrité et la notoriété et j’ai la ferme intention de m’en protéger. D’autant que je ne sais que trop combien d’ennuis la célébrité ne manque pas d’apporter avec elle. »
Le diable :
« Ta naïveté confine à la bêtise. D’un côté tu racontes à qui veut l’entendre que tu te fiches de la célébrité, et d’un autre, tu chouines parce que tu n’es pas assez lu. T’as jamais pensé à consulter pour schizophrénie ? »
Moi :
« Il est vrai qu’on écrit pour être lu et on parle pour être écouté. Mais tous ceux qui sont lus ou écoutés n’en attrapent pas le melon pour autant il me semble. »
Le diable :
« Oui, mais toi, qui n’es qu’un infirme en surpoids incapable de te maîtriser pour ne pas grossir, comment veux-tu te maîtriser devant ceux qui te diront que tu es génial et admirable ? »
Moi :
« Elle était facile. Décidément, rien de ce qui est bas ne te répugne. Tu sais, ça me rappelle ce tableau. On voit un curé assis sur les toilettes, la soutane retroussée en train de faire ce que tu imagines, tout en lisant son bréviaire. Le diable, (toi) l’interpelle et lui dit :
“Tu n’as pas honte de vaquer à tes devoirs sacrés en même temps qu’une aussi basse besogne ?”
Le curé répond :
“Pas du tout. Car ce qui monte est pour Dieu et ce qui descend est pour toi.”
Le diable :
“Et tu trouves ça drôle ?” »
Moi :
« J’ai toujours aimé ceux qui avaient de la répartie. »
Le diable :
« Toujours est-il que tu as 666 abonnés et que je peux bloquer les compteurs. Ta pauvre chaîne restera donc à ce chiffre que tu aimes tant. Tu vois que tu m’appartiens. Je te l’ai dit, les réseaux sociaux, l’IA, tout ça c’est à moi. »
Moi :
« Les réseaux sociaux ne sont ni à Dieu ni au diable. Les réseaux sociaux ne sont qu’un instrument. Ce qui appartient à Dieu ou au diable, c’est ce qu’on en fait. Un couteau, par exemple, peut servir au meilleur comme au pire. Avec un couteau tu peux tuer ou nourrir. En faisant la cuisine, par exemple. »
Le diable :
« N’empêche que tu as 666 abonnés et que ça, c’est pas près de changer. »
Moi :
« Si, ça va changer tout de suite. Je possède un autre compte qui est abonné à la chaîne. Je me désabonne, et voilà le travail. Je n’ai plus que 665 abonnés. »
Le diable :
« Pauvre idiot. Je vais t’ajouter un abonné et le tour est joué. »
Moi :
« Et moi, je vais me réabonner pour mettre le compte à 667. Dans tous les cas tu sais que la victoire finale t’as déjà échappé. Tu peux faire semblant de l’ignorer, mais pas avec moi. Tu es vaincu par la croix. Et sous la protection du sang innocent, toutes tes manipulations ne serviront à rien. »
Le diable :
« T’as trouvé ça tout seul ? »
Moi :
« Non, j’ai juste été éclairé par le Saint Esprit. »
Le diable :
« Tu ne fais jamais rien par toi-même. Tu vois que tu n’es pas libre. »
Moi :
« Précisément, je suis libre car à l’opposé de toi, l’Esprit Saint m’éclaire, mais ne m’impose rien. Je reste libre de le suivre ou pas. Alors que toi, tu imposes sans éclairer. »
Et le diable me quitta en attendant un moment plus favorable. Bien sûr, on ne se refait pas, je suis allé consulter le nombre de mes abonnés. Nous étions 668. J’espère que la leçon de modestie que j’ai reçue me sera profitable. Surtout, si j’attrape un jour le melon, dites-le-moi en commentaire.
Jacques Frantz
Agréable à lire, on est tenu en haleine de bout en bout.
Intéressant, aussi, de vous connaître sous cet angle « protestant ».
En tout cas, tout ce que vous écrivez semble bien correspondre à l’enseignement biblique, et on pourrait, moyennent quelques ajustements, en faire un traité.
juste pour l’info, de ce triste imbécile, à l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes très exactement 723 ! Il l’a vraiment dans le fondement, et loin ! L’histoire que tu racontes, je l’ai entendue il y a très longtemps sur une radio locale parisienne, elle était attribuée à Luther. Le protagoniste était un moine à qui l’ennemi s’adressait en Latin. Et le moine de lui répondre, toujours en Latin : « Je vide mon ventre et révère le Tout-Puissant. À Lui ma prière qui monte, pour toi ce qui choit sous moi. » Et moi, j’ajoute : « Oui, lourdaud, c’est effectivement très drôle mais comme c’est à tes dépens, il est somme toute bien naturel que cela ne te fasse pas rire ! » Ton dialogue me rappelle une pièce de théâtre écrite en son temps par Gilbert cesbron sur la figure de Sainte Thérèse de Lisieux, dont le titre est « Briser la statue ». L’acte II de la pièce est précisément un dialogue entre Thérèse et l’ennemi. C’est si génialement imaginé que je ne résiste pas au plaisir de proposer ici le lien vers cette partie de la pièce :
https://enpassant-englanant.blogspot.com/2011/04/en-lisant-gilbert-cesbron-briser-la.html
Merci en tous cas pour cet article plein d’humour mais qui nous rappelle l’essentiel, à savoir, que la victoire finale est d’ores et déjà acquise à Dieu.