Les Alsaciens disent non à l’Alsace pour tous

Avec le jeu des abstentions et le non massif du Haut-Rhin, les Alsaciens rejettent le référendum destiné à unifier les deux départements et à simplifier les institutions territoriales. Beaucoup à droite s’étonnent voire regrettent ce rejet. Pourtant, les sondages qui ne se trompent jamais avaient prédit un « oui » massif. En réalité, lorsqu’on regarde les enjeux on s’aperçoit qu’ils sont beaucoup plus compliqués qu’un simple oui ou non. En réalité il n’y avait pas de bonne solution dans cette consultation. Pour simplifier, en votant non, l’Alsace maintient un système non seulement obsolète, mais qu’aucun gouvernement n’a voulu réformer par simple clientélisme. Le premier coupable est François Mitterrand qui a raté une occasion d’une grande réforme territoriale lors de la création des conseils régionaux. En fait, pour des raisons électoraliste, la gauche se sachant menacée après un bilan catastrophique de cinq années au pouvoir, a voulu et même réussi à limiter les dégâts aux législatives de 1986. On s’est ainsi retrouvé avec ces conseils régionaux qui sont venus se superposer aux conseils généraux sans que ces derniers disparaissent. Donc, plus d’élus, plus de fonctionnaires et donc plus de clients obligés. Ainsi en Corse, nous avons trois institutions: les deux départements donc deux conseils généraux plus la région. Intéressant du reste de voir que les Alsaciens ont essayé de se réformer alors que les Corses se trouvent très bien dans cette configuration. Le problème est qu’un résultat positif aurait été extrêmement dangereux. Un oui aurait été dangereux pour l’intégrité territoriale même du pays. Il aurait fait progresser l’idée des euro-régions si chères à nos élites bruxelloises et parisiennes. Dans cette nouvelle configuration, l’Alsace aurait pu demain étendre son territoire au BadWürtemberg voisin. En outre, il y a un antagonisme historique entre les deux départements. Les habitants du Haut-Rhin reprochent le côté pro-allemand des strasbourgeois. C’est malheureusement une question très sensible. A ce propos, lisez ou relisez le premier conte du lundi de Daudet qui s’appelle la dernière classe et qui décrit à merveille la dernière classe en français après l’annexion de l’Alsace par les Allemands en 1871. Les Alsaciens sont très attachés à l’appartenance nationale, et nous aussi nous sommes attachés à une des régions les plus dynamiques du pays.Je crois qu’il est plus sage d’avoir choisi le status quo en attendant une réforme au niveau national. Elle passe soit par la suppression des conseils régionaux et reste aux départements qui sont un relais de la politique de Paris dans le cadre d’une remise au pas de Bruxelles, soit par un nouveau découpage national en entités plus petites que les régions actuelles, mais plus grandes que les départements et aussi plus respectueuses des considérations géographiques. Par exemple, créer une région Savoie indépendante de Rhone-Alpes ou une région Provence sans inclure Nice qui aurait sa propre région. Tout cela servant de relais avec Paris. C’est invivable pour Bruxelles, mais à un moment donné il faut faire des choix. Je doute que ce gouvernement soit capable d’une telle réforme. Du reste de quoi ce gouvernement est-il capable à part créer de la souffrance. Dégagez! Jacques Frantz

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