L’AFFAIRE NAOMIE MUSENGA SENT BON L’ARNAQUE

L’AFFAIRE NAOMIE MUSENGA SENT BON L’ARNAQUE

À moins d’avoir coupé toute relation avec les médias, soit parce que vous êtes partis en villégiature sur une autre planète, soit parce que les discours de Mélanchon vous agacent, vous ne pouvez avoir manqué l’histoire de cette jeune fille de 22 ans décédée quelques heures après avoir été envoyée aux pelotes par un médecin du SAMU. Décryptons ensemble.

L’histoire remonte au 29 décembre 2017, mais elle n’est connue du grand public que maintenant. Pourquoi autant de temps s’est-il écoulé? A-t-on cherché une solution amiable? Les parties lésées (la famille de la défunte en l’occurrence) n’est-t-elle pas satisfaite de la manière avec laquelle la justice suit son cours? Bref comme on le voit, beaucoup de questions se posent.

En tous cas, la manière avec laquelle la presse fait ses choux gras de cette affaire qui intervient un peu plus d’une année après l’affaire Théo qui est de la même nationalité que Naomi a quelque chose de troublant. Ce n’est pas tout. On aimerait savoir par quelle procédure a bien pu sortir l’enregistrement de l’appel lancé par cette jeune fille en apparente détresse. En effet, ce type d’enregistrement ne sort jamais du cadre professionnel. Là, il a été jeté en pâture à la presse et sur les réseaux sociaux.

Un détail tout de même saute aux yeux: l’enregistrement est tronqué. Je me suis procuré l’enregistrement sur Youtube. Je constate que toutes les occurrences sur le site vidéo de Google enregistrent un nombre de vus très important. Pourtant, je n’ai trouvé aucun enregistrement complet de ce tragique événement. Il y a eu trois conversations. L’une entre l’appelante et la personne de permanence chargée de trier les appels, une autre entre la personne qui a pris l’appel et le médecin chargé de traiter la demande de la patiente, et enfin la conversation entre le médecin et l’appelante. Comme je l’ai dit, il est étrange et anormal que ces enregistrements soient sortis. Il est encore plus étrange que manque systématiquement le début de l’appel, à savoir la conversation entre la personne de permanence et l’appelante. Dommage, car cela aurait pu être très utile pour placer les choses dans leur contexte. Il est pour le moins bizarre que la main bienveillante qui a jeté cet enregistrement sur les réseaux d’information et les réseaux sociaux ait tronqué cette partie où sans aucun doute on pourrait trouver un début d’explication à l’attitude pour le moins étrange du médecin qui a pris l’appel après avoir été briefée par la personne de permanence. Vous suivez toujours? Je poursuis.

D’après ce qu’on entend, l’attitude du médecin n’est pas appropriée. On entend une personne qui ne prend pas l’appelante au sérieux et qui déroge à toutes les règles de bienséance. En tous cas pris hors contexte, il y a quelque chose de choquant. Sauf que précisément, font défaut de nombreux éléments contextuels indispensables pour comprendre les choses. Si la femme médecin réagit de façon inappropriée, c’est peut-être qu’elle a reçu des appels similaires qui l’ont excédée par leur caractère fabulateur voire malveillant. On peut imaginer toutes sortes de raisons pour lesquelles, à l’évidence, elle ne prend pas l’appel au sérieux.

Si on peut considérer que cet appel manque de professionnalisme et constitue une faute, personne n’a le droit d’attribuer de près ou de loin quelque responsabilité que ce soit à cette personne relativement au décès. Certes, elle a fait une erreur de jugement et n’a pas pris au sérieux un cas qui à l’évidence l’était. L’erreur est humaine. À l’évidence également, elle n’a pas eu le ton qui convenait et cela reste inacceptable. Mais elle n’a pas laissé cette personne sans assistance. Elle lui a répété trois fois le numéro de SOS médecin qui du reste est intervenu. aussi, je trouve que le lynchage de cette personne sur les réseaux sociaux est tout simplement abjecte. Cette personne a utilisé le ton trop souvent entendu dans les hôpitaux par les patients sans grade. Cependant rien n’en fait la responsable du décès tragique qui est survenu. Rien n’indique que si elle avait jugé autrement ce cas la personne aurait survécu. Or presque six mois après on nous sort une histoire où se mêlent des accusations d’homicide avec la circonstance aggravante du racisme. Si la famille de Naomi Musenga pense qu’elle aurait été mieux prise en charge en Afrique, alors il faut y retourner. On ne retient personne.

Jacques Frantz

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