#BREXIT À BRUXELLES, C’EST LE COUP D’ÉTAT PERMANENT

BREXIT À BRUXELLES, C’EST LE COUP D’ÉTAT PERMANENT

Comment va-t-on sortir de l’impasse politique en Grande-Bretagne?

Londres connaît sa plus grave crise politique en temps de paix. Les institutions, si particulières à ce pays, peuvent-elles sauver l’intégrité territoriales?

Décidément, les institutions européennes ont un vrai problème avec la démocratie. Les craintes de ceux qui avaient fait campagne pour le “non” au traité de Maastricht étaient donc fondées.

Une fois de plus, les médias et les médiocres mettent toute leur énergie pour tromper l’opinion. À les en croire, l’enjeu des relations entre Londres et Bruxelles serait une sortie avec ou sans accord, promettant du même coup, en cas de sortie sans accord, l’apocalypse et davantage encore.

Moi je veux bien, mais alors il va falloir qu’on m’explique comment réussissent à survivre les États qui non seulement vivent hors de l’Union Sacrée, mais de surcroît qui n’ont aucun accord. À entendre toute la clique eurocrate, la sortie du pays sans accord provoquerait un chaos irréversible. Ils sont allés jusqu’à faire croire au bon peuple qui a mal voté que le pays serait privé de médicaments. Sauf que, ça s’est vu, un ou plusieurs accords sont parfaitement possibles et même hautement probables après la sortie de la Grande Bretagne de l’Union. Celle-ci n’y perdrait pas ce qu’on appelle en droit international le “treaty making power”. Au contraire, une fois débarrassée de son statut de membre, la Grande-Bretagne gagnerait non seulement la faculté de signer des accords avec l’Union, mais encore des traités avec certains de ses États membres. De surcroît, elle serait beaucoup plus forte pour négocier. En tous cas elle serait beaucoup moins faible. Car en affaiblissant l’exécutif, la Chambre des Communes envoie au combat (les négociations sont toujours une lutte) un État faible, en grande difficulté pour négocier. D’autant qu’en réalité Bruxelles a autant besoin d’un accord que Londres. Or on n’est jamais aussi fort pour négocier que lorsque l’autre partie est pleinement consciente qu’on est prêt à quitter la table au cas où les négociations n’aboutiraient pas. À l’inverse, le mandataire n’a aucune chance de négocier au mieux des intérêts de celui qu’il représente (en l’occurrence le peuple britannique), s’il arrive pieds et poings liés par des conditions préalables aussi contraignantes que celles que veut lui imposer le Parlement.

Si l’enjeu n’est pas celui-là quel est-il?

Le véritable enjeu est en réalité de rendre la sortie impossible. Le véritable enjeu est de fouler aux pieds le verdict des urnes. plusieurs parlementaires britanniques ont d’ailleurs déclaré à qui voulait l’entendre au cours des débats que le pays n’était pas une démocratie directe, mais une démocratie représentative. En d’autres termes, un vote populaire avait moins de légitimité qu’un vote parlementaire. En d’autres termes encore, “le référendum on s’en torche”. Vous ne me croyez pas? Regardez donc ce qu’on a fait des résultats du référendum pour ou contre la Constitution européenne de 2005 en France. Il faut savoir que l’Union européenne de Leonid Brejnev ne supporte l’expression populaire que lorsqu’elle va dans son sens. Quand les populistes votent mal, on les fait revoter. Ici, la manoeuvre est simple. Épuiser le pays politiquement jusqu’à ce que, à genoux et humilié, il organise un second référendum expiatoire. Celui-là, n’en doutons pas, serait favorable. D’abord parce que le premier référendum était somme toute serré, ensuite parce que la dureté de la punition ôterait à une majorité de Britanniques d’y goûter à nouveau. Que cela serve de leçon aux imbéciles en Suisse qui rêvent d’adhérer.

Jacques Frantz

Une réflexion sur “#BREXIT À BRUXELLES, C’EST LE COUP D’ÉTAT PERMANENT”

  1. Si le vote avait quelque effet autre que celui de faire gober aux bonnes gens que leur avis a de la valeur, voilà bien longtemps qu’on ne prendrait même plus la peine ni surtout l’argent d’organiser des scrutins !

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